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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIII.

Quoique, en thèse générale, les capitaux affluent là où se présententpour eux les plus gros profits, cependant, comme il faut des hommes pourles employer; comme les capitalistes, surtout les plus riches, veulent jouirde la douceur d’habiter les lieux où sont leurs habitudes, leurs amis, leursparents; comme certains pays repoussent impolitiquemenl les étrangersqui voudraient y transporter leur fortune, l’équilibre des capitaux s’éta-blit difficilement; fc’est-à-dire, les capitaux disponibles ne se rendentpas toujours aux lieux où ils pourraient être employés avec avantage. AOdessa, sur la mer Noire, par exemple, soit que celle ville se trouve loindu centre de l’Europe, ou bien parce qu’elle en est séparée par le barbareempire des Turcs, ou bien en raison de ce que le pouvoir absolu auquelelle est soumise n’y présente pas assez de garanties contre les vexationsdes gens en place, il est vraisemblable qu’il ne s’y rend pas autant de capi-taux que l’on pourrait en employer.

A Paris, les capitalistes sont souvent très embarrassés pour employerleurs capitaux)', tandis qu’à Châlons-sur-Marne il se trouve peut-être desemplois avantageux. Il serait sans doute très facile à un capitaliste deParis d’envoyer une valeur capitale à Chàlons; mais il ne veut, pas y alleren même temps pour la faire valoir lui-même; et la nécessité de la confierest un inconvénient qui balance dans son esprit l’espoir des profils qu’ilpourrait y faire. D’un autre côté, ce même capitaliste a des relations d’af-faires avec New-York ; il connaît les opérations qu’on y fait ; il a dans celleville éloignée des correspondants de toute sûreté ; il sera peut-être, parces raisons-là, plus disposé à faire des avances à une maison de New-York;et il se peut que, malgré l’éloignement, l’équilibre des capitaux offerts etdemandés s’établisse plutôt entre New-York et Paris qu’entre Paris etChàlons.

Il y a des capitaux engagés dans des entreprises agricoles et manufac-turières, qui, évidemment, ne rapportent aucun profit, lorsque, par l’effetde quelque circonstance imprévue, la demande de leurs produits vient àdiminuer et en fait baisser le prix. Le propriétaire d’une usine qui netrouve à la vendre ou à la louer pour aucun prix, et qui, pour tirer du

commerciales, par les ports de la métropole a été un de leurs principaux motifspour se rendre indépendantes.

' Un de nos principaux banquiers est convenu lui-même que des capitauxconsidérables restent sans emploi à Paris et ne, se portent pas sur les fondspublics, faute de confiance. 'M. Ladite : Discours à la chambre des députés.)