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Tome II.
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DU REVENU DES CAPITAUX.

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moins parti de son travail à lui-même, se décide à l’exploiter, ne fait d’autresprofits que ceux de son industrie ; car, si le fonds avait été susceptible dedonner le moindre profit, il aurait eu une valeur locative quelconque.

Les capitaux qui ont été employés à acquérir des facultés industriellessont des espèces de capitaux engagés qui ne rapportent plus que de faiblesprofits du moment que l’on quitte la profession dont ils vous rendaientcapable. Les études qu’on a faites pour être médecin perdent leur valeursi l’on devient architecte. On peutsupporter celte perle lorsqu’on a, commeClaude Perrault, assez de fortune pour se passer d’exercer la médecine,et qu’on a, comme lui, le génie qui dessina la colonnade du Louvre ; maislorsqu’on a besoin de tous les fonds qu’on possède, il est bon que l’onsente qu’on en perd une partie lorsqu’on écoule trop légèrement le goûtdu changement. A chaque changement, on perd la valeur du temps et dessommes qu’on avait consacrées à son instruction. C’est ce qui n’a paséchappé au bon sens populaire, lorsqu’il a donné cours au proverbe :

;pierre qui roule n'amasse point de mousse.

Il y a au reste des capacités industrielles qui sont propres à servir dansbeaucoup de carrières.productives, et il ne faut pas regarder comme per-dus les capitaux que l’on consacre à leur acquisition. Us servent mêmelorsqu’on en est réduit à changer d’état. Telles sont les études généralesd’où résultent des connaissances applicables dans un très grand nombrede cas. Les éludes qui vous donnent des notions saines sur la nature deschoses, au physique et au moral, sont toujours utiles; car enfin , dans lecours de la vie, c’est toujours aux hommes ou aux choses que nous avonsaffaire. L’âge le plus favorable pour faire l’acquisition de ces connaissancesutiles dans toutes les situations, est celui de la seconde enfance et de lapremière jeunesse; la mémoire alors est heureuse, lesorganessont souples,et un léger exercice suffit ensuite pour conserver des idées conçues avecfacilité. C’est aussi l’époque où l’on n’est point encore chargé des soinsd’une famille, et où les instants de la vie ne nous sont point comptés aveccelte inflexible rigueur qui les rend ensuite si précieux.

Mais quoique les instants de l’enfance soient moins précieux, il faut lesmettre à profit, car le temps est une richesse. Ce sont de pauvres calcula-teurs que ceux qui blâment les méthodes expéditives dans l’enseignement,sous ce prétexte qu’il vaut mieux multiplier les travaux de la jeunesseque lui laisser du loisir. Sans doute il ne convient pas qu’elle ail un loisirqu’elle cherche à occuper par des vices, ou qui lui laisse prendre l’habi-tude du désœuvrement ; mais il vaut mieux occuper son loisir à l’acquisi-