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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.
seulement des fonds qu’il y aurait employés; mais en Hollande, où le taux,de l’intérêt était de 2 1/2 pour cent, le sacrifice annuel n’était que de 7,500francs, sacrifice léger pour un homme riche.
C’est ainsi qu’à mesure que les capitaux vont croissant, le motif quiporte à accumuler va en diminuant, et qu’il n’y a aucun degré assignableoù le motif qui porte à accumuler devienne absolument nul; mais ce motifvarie d’intensité suivant le caractère des peuples.
Chez une nation ingénieuse, entreprenante, ambitieuse, avide de tousles genres de jouissances, l’intérêt des capitaux ne tombera jamais aussibas que chez une autre nation plus flegmatique et plus sobre. Les besoinsde la première seraient trop vifs et trop multipliés pour permettre auxparticuliers déjà riches une épargne persévérante. Ils aimeraient mieuxrisquer leurs épargnes dans des entreprises neuves, bizarres, gigantesques;ilsaimeraient mieux les employer en objets de luxe ou d’agrément, plutôtque d’en tirer seulement deux ou trois pour cent chaque année. On peutfréquemment, en Angleterre et en France, faire des observations qui con-firment cette assertion. Aussi n’y a-t-on jamais vu l’intérêt aussi bas qu’enHollande.
Les emprunteurs consentent quelquefois à payer un plus fort intérêtdans la vue de certaines facilités qu’on leur offre. On sait que les juifs, àune certaine époque, étaient les seuls capitalistes auprès desquels outrouvât à emprunter au besoin; et ce fut pour soustraire les chrétiens àleur dépendance que l’on créa en Italie ces Monts de piété qui faisaientdes avances sur gages à intérêt modéré. Mais ce qu’il y a de singulier, c’estque les juifs continuèrent à trouver des emprunteurs qui leur payaient 10pour cent d’intérêt, tandis que les Monts de pitié ne prenaient que 6 pourcent. Voici l’explication que donne de ce phénomène Gioja, auteur italienqui a écrit depuis la publication de mon Traité d'économie politique l .
1° Les juifs, dit cet auteur, recevaient en gage certains objets (tels parexemple que les matières de laine) que les Monts de piété n’admettaientpas sous prétexte qu’ils étaient sujets à se détériorer.
2° Les estimateurs des objets mis en gage dans les Monts de piété étaientresponsables de la valeur du gage, et ils étaient disposés par conséquentà l’évaluer plutôt moins que plus; tandis que les juifs prêtaient toute lasomme qu’ils pouvaient prêter avec sûreté, parce que leurs profits étaientproportionnés à leurs avances.
1 Nuovo prospelto dette scienze economiche , tome III, pags 190.