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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVIII.
Le service que nous avons nommé service foncier, celui que peut rendreun fonds de terre, n’est pas uniquement celui qui résulte de sa force végé-tative. Une mine renfermant de la houille, du sel ou des métaux, rend unservice par les produits qu’on en tire journellement, et auxquels lesbesoinsdes hommes donnent une certaine valeur. Une partie de celte valeur estproduite par les services de l’industrie et des capitaux. Celle qui résultede la terre est réclamée par son propriétaire au môme litre que le produitdes sucs végétaux que fournit un champ. Un terrain nu, mais propre àbâtir, donne un produit à sa manière : il procure un emplacement qui aun usage, et peut rendre un service aux hommes en leur fournissant lelocal d’une habitation. C’est un service foncier. Il n’est pas le môme,mais il est du même genre que celui que rend un autre terrain en raisonde sa force végétative. Il satisfait un besoin tout comme le produit d’unchamp ; il est demandé, il est vendu, il est consommé '.
Ce service, de môme que tout autre service, de môme que tout autre objetutile à l’homme, est payé d’autant plus cher qu’il est plus demandé et moinsoffert. En chaque can ton il est d’autant plus demandé que ce canton est pluspopuleux et plus productif ; car c’est alors que Ton a le plus grand besoindes produits de la terre, et qu’en môme temps chaque personne a plus demoyens pour les acheter. L’étendue et la fertilité des terres déterminent,dans le même canton, la quantité des services qu’elles peuvent rendre.
Des circonstances naturelles qui rendent certains terrains propres àdes productions d’une espèce particulière, sont des avantages voulus parla nature, et du même genre que la fertilité des terres, du môme genre
ment; de même que je considère les industrieux comme producteurs jusqu’àla concurrence des prolits que leur procure leur travail. C’est une fiction, si Tonveut, que d’assimiler le travail de la terre au travail de l’homme, et d’attribuerau propriétaire la coopération due à l’instrument qu’il fournit, mais c’est unefiction indiquée par l’analogie et qui éclaircit bien des idées.
' Le service que rend un terrain qui porte une maison, quand son propriétairene consomme pas lui-même cette utilité en habitant la maison, est représentépar le loyer qu’il en lire; et ce loyer se compose de deux sortes de revenus : 1° leprofit ou loyer du terrain; 2° le profit ou intérêt du capital appelé maison. Leservice rendu par l’un et par l’autre dans le courant d’une année, est payé parle loyer de cette même année; et il est consommé , car il ne peut se vendre denouveau. Le loyer de l’année suivante est le prix d’un nouveau service renduTannée qui suit par le même terrain et la même maison.