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Tome II.
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96 CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVIII.

qu’ils soient, reposent leur imagination sur des cas extrordinaircs où lajfortune vientsans être provoquée, où elle est du moins provoquée avecpeujde soins et de talents. Ce sont d’heureux hasards dont il serait insensé dejne pas profiter, mais sur lesquels il est peu prudent de compter. J

La demande des services fonciers n’est pas nécessairement bornée,puisque les consommateurs d’un lieu quelconque peuvent devenir plusnombreux et plus riches ; tandis que \ offre des mêmes services, au con-traire, l’est nécessairement par l’étendue des terres cultivables du canton 1 .

Il semble au premier abord que l’offre que Ton peut faire des produitsdes fonds de terre n’est point bornée aussi longtemps qu’il existe un coinde terre encore inculte sur notre globe ; car enfin, si la demande du pro-duit des terres continue à croître quand la Beaucc est entièrement culti-vée, il y a encore des terres dans le Berry qui ne le sont pas, et qui peuventsubvenir à cette demande ; et quand le Berry sera aussi bien cultivé qu’ilpeut l’être, il y aura encore des terres capables de donner de nouveauxproduits en Afrique, en Tartaric et ailleurs.

Rien n’est plus vrai ; mais nous ne devons pas oublier que les produitsde la terre ont d’autant plus de frais de production à supporter, qu’ilsviennent de plus loin. Quelque facile et peu chère que soit la culture dublé dans une contrée étrangère, quand même on obtiendrait pour rien leconcours du sol, les seuls frais de transport et de commerce peuvent porterle prix du blé à un taux que nos consommateurs ne peuvent plus atteindre.L’éloignement équivaut à la stérilité. Il en est ainsi quelquefois même decertains produits territoriaux de notre propre pays, mais cultivés dansdes cantons de difficile accès : si pour les tirer de leur canton on est obligéà des dépenses qui en portent le prix au-dessus de ce qu’ils coûtent horsde là, ils n’en sortent pas ; on est obligé de les consommer sur place. Lesterres d’un tel canton n’entrent point en concurrence avec les autres terresdu pays ; elles sont, relativement à l’offre et à la demande qu’on peut fairede leurs produits, comme si elles n’existaient pas : à plus forte raison lesterres incultes qui se trouvent au Monomotapa.

Vous voyez que les propriétaires de chaque localité ont une prime, un

' Pour comprendre ces démonstrations, il ne faut pas perdre de vue que lesservices fonciers ne sont pas ceux que rendent les cultivateurs, mais les servicesque le terrain lui-même rend à la production, en sa qualité d’instrument de laproduction. J’ai montré ailleurs que les instruments des travailleurs (c’est-à-direles capitaux et les terres) concourent à la production des valeurs.