DES PROFITS QUE RENDENT LES TERRES.
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avantage sur les propriétaires des autres localités. Si je suis possesseurd’un terrain dans un canton où il y a peu de consommateurs et de mau-vaises communications, le loyer que j’en tirerai sera peu de chose. Si l’onrend navigable une rivière ou un canal, et qu’ils passent tout près de monterrain, je tirerai de celui-ci un loyer plus considérable. Si l’on bâtit uneville dans les environs, le loyer s’améliorera encore. Si la ville, dans sesagrandissements, embrasse mon terrain, il vaudra bien davantage ; sonloyer et sa valeur vénale s’élèveront en proportion. Il y avait, dans lesenvirons de Paris et de Londres, des terrains qui ne valaient autrefoisque ce que valent les terres cultivables dans le voisinage d’une grande ville,et qui, s’étant trouvés enveloppés dans les agrandissements de ces villescolossales, ont acquis une valeur énorme et créé d’immenses fortunes'.
Les propriétaires fonciers se sontaisémeut persuadés que les avantagesqu’ils tirent des circonstances locales sont des avantages naturels qu’onn’a pas plus le droit de leur enlever que la fécondité de leur sol ; mais ledroit qu’ont les autres propriétaires de profiter de tous les avantages quirésultent des progrès de la société, le droit qu’ont les consommateurs dejouir de tous les perfectionnements de l’art de produire, sont des droitsnon moins sacrés. Des chemins vicinaux, de bonnes routes, des canauxnavigables, en ouvrant aux produits de la terre des débouchés peu dis-pendieux, rapprochent pour ainsi dire les biens-fonds des circonstancesqui leur sont favorables ; ils tendent à détruire le monopole des terrainsavantageusement placés et améliorent la condition des consommateurs,c’est-à-dire du grand nombre. Les frais de transport sont des frais de pro-duction, des difficultés ; or, tout ce qui tend à les modérer est un progrès 1 2 .
Elles furent donc contraires à la prospérité du pays ces pétitions queprésentèrent au parlement les habitants des comtés voisins de Londres,
1 Quatre cents toises de terrain (un carré de vingt toises de côté), rue de laChaussée-d’Antin, à Paris, vendues en 1768 moyennant une rente de 500 francs,donnent aujourd’hui 26,000 francs de revenu, et ont été adjugées, en 1825, pour518,000 francs, sans les frais. Beaucoup de terrains compris dans l’enceinte desanciens boulevarts, et qui ne se vendaient autrefois que sur le pied des terreslabourables, se vendent maintenant 3,000 francs la toise carrée, ce qui portel’arpent au prix de 270,000 francs.
2 Cela ne conduit point à l’abolition du droit de propriété, qui est un mono-pole reconnu par la société dans l’intérêt de la société. Car si le droit de pro-priété était aboli, le produitdes terres serait encore plus cher. (Voyez plus haut.)
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