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Tome II.
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OS CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVIII.

lorsqu’il fut question d’ouvrir des grandes routes jusqu’aux provinces éloi-gnées de la capitale, afin qu’on n’accordât pas cette facilité à des provincesoù la main-d’œuvre, étant moins chère, pourrait leur faire concurrencedans la vente de leurs produits agricoles Ces pétitions étaient précisé-ment du même genre que celles qui, à différentes époques, et dans diffé-rents pays, ont été présentées contre l’introduction des machines et desautres moyens expéditifs. Ces moyens, de même que tous les perfection-nements, nuisent incontestablement à certains monopoles, mais, au total,sont favorables à la richesse nationale 9 , et même, en définitive, à la pros-périté des industrieux eux-mêmes qui, dans l’origine, ont souffert de leurintroduction * * 3 .

La même observation peut être faite relativement aux difficultés que lesgrands propriétaires de terres opposent encore en Angleterre à la libertédu commerce des grains. Les progrès qu’a faits la navigation, l’excellencede la marine anglaise et le bon marché de la culture en certaines con-trées, telles que l’Ukraine, ont permis de produire en Angleterre, parlavoie du commerce, des grains à meilleur compte qu’on ne peut les pro-duire sur les terres de l’Angleterre elle-même. On s’oppose à un perfec-tionnement de l’industrie et à la richesse des Anglais, en opposant desprohibitions, ou des droits quiéquivalentà des prohibitions, à la libre cir-culation des grains. Je ne discute point ici les raisons politiques qui pour-raient balancer les avantages économiques de l’importation. Il se peutqu’il soit plus expédient pour un pays de payer le blé plus cher et de leproduire sur son territoire, quoique je sois tenté de croire, avec Ricardo,qu’on n’en manque jamais lorsqu’on peut le payer, et qu’on ne peut jamaispayer plus facilement que lorsque l’on achète au meilleur marché 4 .

* Smith, liv. I, chap. 11.

9 Cette vérité n’a été démontrée que depuis que la nature des richesses a étébien connue, et qu’on a su que le bon marché des produits équivaut à l’accroisse-ment du revenu. (Voyez le chap. 4 de cette V e partie.)

3 Voyez le chap. 18 de la I re partie de cet ouvrage : du service des machinesdans les art.

4 Voyez dans les OEuvres de Ricardo faisant partie de la Collection des prin-cipaux Economistes , l’écrit intitulé : Essai sur l'influence du bas prix des bléssur les profits du capital.

Depuis 1849, l’importation des céréales est affranchie de tout droit protecteurdans les ports de la Grande-Bretagne. Nous avons déjà rappelé, et nous aurons