DES PROFITS QUE RENDENT LES TERRES.
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De ce que les propriétaires fonciers sont plus dépendants des circons-tances du pays où ils se trouvent, et de ce qu’ils ne peuvent, comme lescapitalistes et les travailleurs industrieux, emporter leur instrument, eti aller, au besoin, chercher des circonstances plus favorables, on a conclui qu’ils étaient, plus que ces derniers, attachés à la prospérité de leur pays,
' et méritaient d’être consultés comme ses véritables organes. J’ai déjà eu' occasion de vous faire voir que la faculté de changer de patrie en donnerarement le désir. Au surplus, la question n’est pas tout entière là-dedans.
; Nul doute que les propriétaires fonciers ne veuillent la prospérité du pays;
; mais il faut savoir comment ils l’entendent. Lorsqu’ils sont peu éclairés,
( ils s’imaginent que la prospérité du pays tient uniquement à sa tranquil-: lité ; et dans les discussions politiques, on les voit prendre parti pour l’au-torité contre les amis des libertés publiques. Us devraient savoir que lesmauvaises mesures de l’autorité sont souvent la plus désastreuse des cir-.. constances; qu’en prenant la défense d’une administration incapable ouperverse, loin d’écarter les troubles intestins, on les rend quelquefois iné-: vitables ; que l’esclavage, l’ignorance, la superstition, l’inégale distribu-rtion de la justice et les privilèges, en retardant les progrès de l’espècehumaine, sont contraires aux intérêts des propriétaires fonciers dont lesrevenus sont proportionnés à ces progrès. Le pouvoir arbitraire n’est pasun gage de tranquillité, et les troubles sont moins à craindre à Philadel-phie qu’à Constantinople.
Les principes exposés dans ce chapitre suffisent, je crois, pour expli-quer les profits des propriétaires fonciers dans tous les pays. Partout oùles institutions sociales n’ont pas été mauvaises au point de contrarier effi-cacement le développement de l’industrie ; partout où les hommes ont étéf assez intelligents et assez laborieux pour se faire un revenu de leur travail;| partout où ils ont été assez économes pour augmenter leurs capitaux, leurj nombre s’est multiplié assez, non-seulement pour consommer tout le pro-i; duit des terres, mais pour en élever le prix de manière à procurer uni- revenu à leurs possesseurs. La borne de ce prix, et par conséquent la
à mentionner dans la suite, bien d’autres réformes signalées par l’auteur commedésirables, et qui ont été accomplies depuis la première publication de son cours.L’économie politique, malgré quelques apparences contraires, a, depuis unevingtaine d’années, gagné du terrain dans l’opinion et dans la pratique desgouvernements. {Noie de l'éditeur.)