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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVIII.

borne du revenu des terres, s’est trouvée dans son élévation même. A me-sure qu’un produit hausse, une partie de ses consommateurs se désistentde leur demande, et le prix s’arrête au point où l’offre et la demande desproduits se balancent mutuellement; d’où résulte, pour les profits des fondsde terre, un taux courant qui ne subit dès lors que des fluctuations acci-dentelles et peu considérables.

Tous les taux divers résultant de ces diverses suppositions se trouventréalisés, non-seulement dans les différents pays que nous connaissons,mais dans les différentes provinces de presque tous les pays. Il n’est peut-être pas une contrée de quelque étendue qui n’ait des terres en friche.Par quelle raison? Parce que ces terres sont assez ingrates * 1 , ou assezmal situées, non-seulement pour que leur produit ne fournisse aucun pro-fit à leur propriétaire,mais pour qu’il ne suffise pas même pour payer lespeines et les avances de ceux qui voudraient les cultiver.

En tout pays, il y a des terres que leurs propriétaires seuls peuventfaire valoir et dont aucun fermier ne voudrait offrir un loyer. Par quelleraison? Parce que leur produit peut bien payer la peine et les avances,mais ne peut rien payer pour le profit du sol.

En tout pays, il y a des terres qui ne rapportent à leur propriétaire (au-delà des profits du cultivateur) que 20 sous par arpent. La Sologne estdans ce cas. Par quelle raison ? Parce que dans ces cantons la demandedes produits territoriaux, réduite par la rareté et la misère des habitants,comme aussi par la difficulté des communications, ne suffit pas pour payerdes frais de culture qu’augmente la stérilité du sol ’.

Enfin, nous avons des terres dont le service, indépendamment de tousles profits des travailleurs et des capitaux qui les mettent en valeur, rap-portent annuellement, pour le seul service que rend le terrain, 20, 50,500 francs par hectare, parce que le prix courant que les consommateurs

1 On verra plus tard que les gros impôts, en augmentant les frais de produc-tion, équivalent à une difficulté naturelle que ne peuvent pas toujours surmonterles progrès de l’art agricole et le travail opiniâtre des producteurs. De là biendes terrains en friche dans des pays qui pourraient être plus généralement pro-ductifs et populeux.

1 Arthur Young croit la Sologne susceptible de donner de très bons profitsfonciers, si l’on y changeait complètement le système de culture et si on lui faisaitproduire des fourrages et des bestiaux, qui, à défaut de bonnes routes et de ca-naux, se transportent eux-mêmes aux lieux de consommation.