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Tome II.
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PROFITS QUE PROCURENT LES AMÉLIORATIONS.

et pour en améliorer le produit. Il y a cependant, dit-on, des pâturagesdans les Alpes, des dunes dans le Wiltshire, des forêts dans plusieurs par-ties de l’Europe, qui rendent un profit à leurs propriétaires sans qu’ils yaient jamais dépensé un sou : c’est alors le pouvoir du sol qui constitueseul le revenu.

J’observe en passant que, lorsqu’une forêt n’est pas en coupe réglée,de manière à reproduire tous les ans une valeur égale à celle du boiscoupé, ce n’est pas seulement un profit annuel qu’on en tire; on lui ôteen outre une espèce de valeur capitale. Il faut considérer une forêt ou unparc rempli de grands arbres comme un bien-fonds sur lequel on a laisséaccumuler un produit annuel, qui est le bois. Lorsqu’on achète un telterrain, on achète à la fois le terrain et le capital accumulé qui le couvre.Si, après cet achat, on dispose, en coupant les arbres, de la partie de cefonds qui était un capital, on n’en tire plus que le service et le profilannuel que peut rendre un fonds de terre dépouillé.

On demande à cette occasion si, quand on est possesseur d’une mine,telle, par exemple, qu’une mine de houille, on dissipe, en l’exploitant,une partie du fonds : cela n’est pas douteux. La rente d’une mine estcomme une rente viagère ; si l’on ne replace pas annuellement une portionde la rente viagère, il arrive une époque où il ne reste plus ni rente nifonds. Il est vrai que la vie d’une mine de houille un peu puissante estbien longue ; elle dure plusieurs siècles ; ce qui rapproche singulièrementla rente qu’on en lire d’une rente perpétuelle. La vie de l’homme est siprécaire et si courte, qu’il peut, sans se tromper beaucoup, regardercomme éternel tout ce qui a la chance d’une longue durée. Ne regardez-vous pas comme perpétuelle la propriété d’un bien-fonds, soit entre vosmains, soit entre celles de voshéri tiers? Cependant il est indubitable qu’unefois ou l’autre ce bien leur sera arraché, deviendra peut-être un désert.Il n’est pas un coin de terre dans les environs de Tanlique Thèbes, ou deMemphis, ou de Palmyre, qui ne fût une propriété précieuse. Qui pour-rait nous dire où sont les propriétaires actuels de ces propriétés perpé-tuelles?

Dans bien des cas les bonifications foncières rapportent un revenu fortsupérieur à celui du capital qu’on y consacre. On peut les comparer à cesmachines qui mettent en jeu une force naturelle qui, sans elles, aurait étéperdue. Mais, qu’on y prenne garde, il faut que ce soit une force naturelleappropriée, une force naturelle qui jouisse du monopole que donne la