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PROFITS QUE PROCURENT LES AMÉLIORATIONS.
n’est qu’avec une extrême prudence qu’il convient de s’y livrer : les con-naissances agricoles ne suffisent pas; chaque localité a pour ainsi dire desconditions qui lui sont particulières, et qu’il faut connaître pour réussir.L’expérience acquise dans un lieu ne sert pas toujours dans un autre. Leclimat, les qualités du terrain, les ressources environnantes ne se res-semblent jamaiscomplètement; et beaucoup de personnes très intelligentesont éprouvé de grands mécomptes lorsqu’elles ont entrepris de fertiliserdes districts improductifs. On ne connaît souvent les difficultés que lors-qu’on est aux prises avec elles, et lorsqu’il n’est plus temps de reculer.
Les plus judicieuses améliorations agricoles sont perdues dans les lieuxoù l’on n’est pas secondé par les institutions sociales. Souvent elles ne sontpas encore mûres, comme sur les bords du Missouri ; d’autres fois ellesse sont dépravées, comme en Italie.
Lisez, dans M. de Sismondi ', la description qu’il fait de la campagnede Rome, autrefois si florissante, et vous apprendrez quels ravages peutcauser une mauvaise législation.
« Ce territoire de Rome, dit-il, si riche et si fertile, où cinq arpents« nourrissaient une famille et fournissaient un soldat, où la vigne, l’olivier,« le figuier s’entremêlaient aux champs, et permettaient de renouveler trois« ou quatre fois les récoltes par année, ce territoire a vu disparaître peu« à peu les maisons isolées, les villages, la population tout entière, les« clôtures, les vignes, les oliviers, et tous les produits qui demandaient« l’attention continuelle, et surtout l’affection de l’homme. « Et quellescauses assigne M. de Sismondi à des effets si déplorables? La mauvaiseadministration des Etats romains, mais surtout les lois qui établissent lessubstitutions et les grandes propriétés.
Je n’ai point à examiner si, en point de droit, on a le pouvoir de dis-poser d’un bien quand on ne sera plus, en faveur d’un être qui n’existepoint encore; je n’ai point à traiter non plus de ce droit sous le rapportde son influence politique; mais quand à ses effets économiques, ils sontdétestables.
<■ Les détenteurs du sol, dit M. de Sismondi dans un autre ouvrage, ne« se considérant que comme des usufruitiers, ont laissé dépérir un fonds« qui n’était pas à eux. Leur fortune ne se trouvant plus en proportion« avec l’étendue de leurs domaines, un étal de gêne, plutôt qu’un état« d’aisance, est devenu héréditaire avec les grandes propriétés. »
Nouveaux Principes, etc., liv. III, chap. TL