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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIX.
« Ils ont emprunté à usure, parce que le prêteur se trouve sans recours« à la mort du débiteur. »
« Comme ou ne peut exercer aucune industrie sans un capital quel-:« conque, comme il en faut pour le moindre apprentissage, la plupart des« cadets, exclus en Italie de toute profession utile, vivent dans une cons-« tante dépendance et une constante oisiveté ; ils sont admis à la table« de l’aîné, ce qui leur donne l’habitude de la bassesse comme de la fai-te néantise. L’aîné seul se marie; et comme il laisse autant d’enfants que« son père, les quatre cinquièmes de la nation sont condamnés à n’avoir« aucune propriété, aucun intérêt dans la vie, et à ne contribuer en rienè à la prospérité du pays. Une classe d’oisifs aussi nombreuse doit néces-« sairement influer sur le développement de tous les vices 1 . «
Ajoutons à ces observations d’un historien judicieux celles d’AdamSmilli sur les sublitutions et sur le droit d’aînesse.
« De celte manière, dit Smith, de grandes étendues de terres incultes« se sont trouvées réunies dans les mains de quelques familles, et la pos-« sibilité que ces terres fussent jamais partagées a été prévenue par toutes« les précautions imaginables. Or, il arrive rarement qu’un grand proprié-« taire soit un grand faiseur d’améliorations. Dans les temps de désordre« qui donnèrent naissance à ces institutions barbares, un grand proprié-« taire n’était occupé que du soin de défendre et du désir d’agrandir son« domaine aux dépens de ses voisins. Lorsque des lois plus stables lui« laissèrent le loisir nécessaire pour mettre ses terres en valeur, il n’eut« souvent pas les goûts et presque jamais les qualités qu’exige un sem-« blable dessein. La dépense de sa maison absorbant et presque toujours« surpassant son revenu, où aurait-il pris un capital pour un semblable« emploi? Pour mettre une terre en valeur avec profit, il faut, comme« pour toutes les entreprises industrielles, la plus grande attention sur« les plus petits gains ; attention dont un homme né avec une grande for-et lune est rarement capable. Sa position le dispose plutôt à s’occuper de« quelque décoration qui flatte sa fantaisie ou sa vanité, qu’à spéculer sur« des profits dont ils pense n’avoir pas besoin. L’élégance de sa parure,« de ses appartements, de son équipage, voilà les objets auxquels, dès<> son enfance, il est accoutumé à donner des soins. La pente que de sem-« blables habitudes donnent à ses idées le dirige encore lorsqu’il vient à« s’occuper d’améliorer ses terres.... Il y a encore aujourd’hui, dans cha-
2 Histoires des Républiques italiennes , tome XVI, page 412.