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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XX.

sible, j’ai représenté l’homme industrieux comme produisant au moyen deson instrument qui est un capital, le propriétaire foncier au moyen du sienqui est un fonds de terre '. Quand il s’est agi d’évaluer la portion de la ri-chesse produite due à chaque producteur, j’ai cru pouvoir le faire d’aprèsle profit que chacun d’eux réussit à se faire payer sur la valeur produite ;car il est à présumer que l’importance de son concours est proportionnéeaux frais que l’on consent à faire pour se le procurer.

Telle est, relativement au sujet de ce chapitre, la doctrine professée dansle cours de cet ouvrage. Elle découle de celle d’Adam Smith, et peut seule,je crois, conduire à des résultats applicables et pratiques.

Quelques écrivains anglais, marchant à la suite de David Ricardo, maisdont il n’est pas permis de méconnaître les services et les talents, ont cruque Smith n’avait pas assigné les véritables causes du profit foncier * 2 ; qu’iln’avait pas trouvé les lois qui en déterminent le montant, et qu’il n’avaitpas connu de quelle manière il est affecté par les progrès de la société. Jem’arrêterai un instant sur leur doctrine à cet égard; mais regardant celtedoctrine comme une pure abstraction qui n’explique pas les faits réels, etmanque par conséquent d’utilité, je me bornerai à retracer les principauxarguments sur lesquels elle s’appuie, et je les prendrai dans des notes queM. Mac Culloch a jointes à la dernière édition d’Adam Smith, où je croisqu’ils sont réduits à leurs moindres termes.

M. Mac Culloch croit que l’inégalité des frais de production que coûtentles produits de la terre est la principale cause et la mesure du profit fon-cier \ II se fonde sur ce qu’un mauvais terrain coûte plus à cultiver qu’unbon, et qu’il faut nécessairement cultiver le mauvais pour avoir la quantitéde produit, de blé, par exemple, dont la société a besoin.

D’abord on n’entrevoit pas bien comment une différence est une causeréelle, efficiente. Et de plus, qui ne voit que les produits agricoles n’ont,en raison de cette circonstance, rien de plus ni de moins que tout autreproduit; qu’il n’est aucun produit de l’humaine industrie qui, relativement

' Le capital d’une entreprise rurale appartient ordinairement en partie aufermier, et en partie au propriétaire, qui retirent chacun une part des profitsqui en résultent.

2 En anglais rent; mais le mot anglais rent signifie le loyer qu’un fermier paieà son propriétaire, et il est avoué que ce loyer représente le profit dû au fondsde terre, déduction faite des frais de culture et du profit du capital.

1 Tome IV, page 106.