OPINION RELATIVE AU PROFIT DES TERRES.
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à ses frais de production, ne soit précisément dans le même cas? Les pro-duits du commerce coûtent plus lorsqu’ils viennent de plus loin; est-ce laraison pour laquelle on gagne plus sur ceux qui n’ont pas tant de cheminà parcourir? Si les producteurs qui sont tout proches ne suffisent pas auxbesoins de la société, le prix du produit demandé s’élève, et suffit dès lorspour payer les frais de production de celui qu’on est obligé d’amener deplus loin. Quand un manufacturier parvient à jouir d’un avantage parti-culier, comme d’une situation plus favorable, il gagne plus que celui quiest forcé de faire plus de frais de production. Tout dépend de l’étenduede la demande. C’est si bien là la cause qui fait monter le prix du blé, queM. Mac Culloch lui-même dit en propres termes que la valeur du blé tendà monter par /'augmentation de la demande qui résulte de l'augmentationde la population (page 105).
N’est-ce pas convenir que le prix qui fournit un profit au propriétairefoncier provient de l’étendue de la demande 1 ? N’est-ce pas convenir dece qui est établi dans Adam Smith et dans mes ouvrages? Quelle décou-verte nouvelle y a-t-il là-dedaus? Peut-on dire avec raison que les mau-vaises terres d’un canton sont la cause pour laquelle les bonnes donnentun profit? Est-on fondé à proclamer en conséquence qu’on a trouvé lavéritable raison pour laquelle les terres donnent une rente, un fermage,un profit foncier?
David Ricardo convient de même que c’est l’augmentation de la popula-tion, c’est-à-dire de la somme des besoins, qui élève assez le prix du blépour qu’un fermier trouve son compte à payer un fermage* *. Il en conclutque « le blé a une valeur, non par la raison qu’on est obligé de payer un« fermage, mais qu’on paie un fermage, parce que le blé a de la valeur. »C’est aussi le cas de tous les produits, quels qu’ils soient. Au prix où lesbesoins de la société portent une aune de drap, ce produit a une valeursuffisante pour indemniser tous ses producteurs : ceux-ci ne sont paspayés, parce qu’on a été obligé de payer les frais de production; car lesfrais de production ne donneraient aucune valeur au produit, si le produit,par son utilité, n’avait été rendu désirable.
' L’étendue de la demande veut dire la quantité d’un certain produit qu’ondemande à acquérir à un prix-donné. Au prix de 18 francs l’hectolitre, on de-mande, en tel endroit, un certain nombre d’hectolitres de blé : voilà l’étenduede la demande.
* Principes de l'Économie politique, ch. 2.