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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XX.

« Quand même, poursuit Ricardo, les propriétaires abandonneraient la« totalité de leurs fermages, le prix du blé ne baisserait pas. » Je le croisbien , puisque c’est l’étendue du besoin qui est la cause première de lavaleur, et que l’abandon que feraient les propriétaires ne diminuerait enrien l’étendue du besoin.

Ricardo veut prouver, contrairement à Smith, que le fermage, ou profitfoncier, n’est point une partie constitutive du prix des denrées : mais cequ’il dit ne le prouve pas. Si dans un hectolitre de 18 francs il y a 3 francspour le propriétaire, les 3 francs sont bien une partie constitutive du prix,quoique ces 3 francs fussent payés à un autre, dans le cas où le proprié-taire n’en ferait pas son profit.

Au surplus, Adam Smith avait dit longtemps avant David Ricardo, quele fermage est l’effet et non la cause de la valeur du blé. (Liv. I, chap. 2.)Il est vrai qu’il dit en même temps qu’il n’en est pas de même des profilsdu travail et du capital, qui sont la cause du prix et n’en sont pas l’effet.Je crois que, dans ce dernier cas, Smith est lui-même dans l’erreur; cesont, de même que pour le blé, les besoins de la société qui font le prix desproduits quels qu’ils soient, et qui permettent à un entrepreneur de payerles profits du travail et du capital, et quelquefois même un profil pour lemonopole, quand le monopole est nécessaire pour que le produit soitcréé, comme c’est le cas relativement aux produits de la terre '.

M. MacCulloch croit que le principe sur lequel il fonde le profit foncierdiffère de celui qui fonde les avantages d’un monopole; il convient que lepropriétaire du terrain qui produit le Tokay jouit d’un monopole; il con-vient que son bénéfice n’a de borne que celle qui lui est assignée par leprix auquel la demande porte son produit. Mais il est permis de ne voiraucune différence entre le monopole dont jouit le propriétaire d’une terreà blé et celui dont jouit le propriétaire du vignoble de Tokay, si ce n’estque celui-ci a beaucoup moins de concurrents. Quand le propriétaire est

* Voilà la raison pour laquelle j’ai commencé ce Cours complet par établirnettement en quoi consistent les besoins de la société. Ce qu’il y a de vrai dansla proposition de Smith, c’est que le prix ne peut pas descendre au-dessous desfrais de production, quand les besoins de la société ne suffisent pas pour l’éleverjusque-là; mais des frais ne sont pas une cause : ce sont des empêchements. C’estce que n’a pas compris le traducteur anglais démon Traité d'Économie politique,qui me reproche toujours de ne pas faire mention, parmi les causes du prix, o[lhe difficullics of allainment.