OPINION RELATIVE AU PROFIT DES TERRES.
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en mesure de s’approprier le profit qui résulte de l’action du sol, il exerceune espèce de monopole. Quand il ne retire de son fonds de terre rien deplus que le salaire de son travail et l’intérêt de ses capitaux, son mono-pole ne lui rend rien, et c’est le consommateur qui profile de l’action pro-ductive du sol.
Le même auteur, s’apercevant sans doute du ridicule qu’il peut y avoirà assigner les mauvaises terres comme la cause qui fait que les bonnesdonnent du profit, ne voit là-dedans qu’une petite chicane (a petit cavilJ,et il exprime la même idée par cette autre formule : sur le capital toutentier employé à l’agriculture, il y a une portion qui ne donne aucunprofit foncier (page 113), et c’est là que se trouve le véritable fondementdu profit foncier (refit). Mais celle nouvelle formule est susceptible de la| même objection. Est-ce qu 'une absence de profil dans un cas peut être| une cause de profit dans un autre?
! Il faut rendre à M. Mallhus la justice de dire qu’il a senti le défaut de| cette doctrine, et qu’il a précisé son opinion dans une réponse consignéej dans une enquête parlementaire. Sur la question qu’on lui adressait pourj savoir si la mise en culture de nouvelles terres n’élèverait pas le loyeri des anciennes, il a répondu : « Le renchérissement des produits, compa-! « rativement avec les frais de production, qui est la cause de l’élévation du
« fermage, a lieu d’abord, et ensuite vient la culture des mauvaises terres;« mais ce n’est pas la culture des mauvaises terres qui fait renchérir les« fermages : telle est la doctrine que j’ai établie dans mes écrits, et c’est,« je crois, la vérité : d’autres en ont soutenu une autre '. »
Ce que je viens de dire me paraît suffisant pour justifier mon opinionsur la théorie de la rente (theory ofrent), qui n’a introduit aucune vériténouvelle dans la science de l’économie politique, et qui n’explique aucun, phénomène que n’expliquent plus naturellement les vérités déjà établies 2 .
Je m’abstiendrai d’une plus longue discussion à ce sujet, pour ne pas en-j courir davantage le reproche qu’on a fait à celles qui ont eu lieu jusqu’ici,j d’avoir été prodigieusement ennuyeuses, et d’avoir dégoûté beaucoup des gens d’une étude si attrayante par ses applications et par son influence sur
î 1 Third report on émigration from the united Kingdom, page 321.
> 5 M. Mac Culloch, qui avait fait honneur de cette prétendue découverte à
• David Ricardo, l’a attribuée ensuite à M. Edward West, et finalement a re-connu que c’est M. James Anderson qui Ta donnée au monde : ce sont ses ex-pressions.