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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXL
le sort de l’humanité. Qui peut calculer, par exemple, les immenses con-séquences de ce principe si clairement établi depuis Adam Smith, et main-tenant adopté par tous les juges compétents, que chaque nation, chaqueindividu, sont directement intéressés à la prospérité de tous les autres, etque les jalousies ne procèdent que d’ignorance 1 ? Quel bien n’est pasdestinée à produire la preuve qu’une baisse dans la valeur des produitséquivaut à une augmentation positive de la richesse nationale 2 ?
CHAPITRE XXI.
Des terres louées et des fermages.
Le profit qu’un fonds de terre peut rendre permet à un propriétaired’en tirer un loyer, s’il ne juge pas à propos de le faire valoir lui-même.Ce loyer s’appelle un fermage, elle locataire un fermier 3 . Le fermier estun entrepreneur d’industrie agricole, qui prend à son compte les chanceset les risques de la culture, et qui paie au propriétaire l’usage de son ins-trument ; de même que tout autre entrepreneur paie, sous le nom d’intérêt,l’usage d'un capital, qui est un instrument aussi.
Quand le fonds qui est loué sert à l’exercice d’une industrie qui n’estpas l’agriculture, comme lorsqu’on loue des prairies pour faire blanchirles toiles, lorsqu’on loue une manufacture, une usine, ou simplement unemaison d’habitation, le profit qu’en tire le propriétaire conserve le nomde loyer. Le nom ne met aucune différence dans la chose. C’est toujoursle service que peut rendre un fonds immobilier dont le propriétaire, parun marché à forfait, cède à un locataire tout le profit ou l’agrément quela chose est capable de rendre pendant un espace de temps fixé.
* Voyez le chap. 2 de la III e partie, tome I er , page 338.
2 Voyez tome I er , page 367.
3 Quelques auteurs, qui ont écrit d’après les économistes anglais, nommentle fermage du nom de renie , de l’anglais rent; c’est substituer à un mot français,qui est clair et expressif, un autre mot qui a un autre sens dans notre langue.Une rente foncière, en français, loin d’êtrë le revenu d’un bien-fonds, signifieau contraire une annuité, une charge hypothéquée sur le bien-fonds, et due parle propriétaire. Selon le précepte de Voltaire, on ne doit adopter un motétranger que lorsque le mot correspondant nous manque, et qu’il est impossiblede se méprendre sur sa signification.