DES TERRES LOUÉES ET DES FERMAGES.
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Il est fort rare que, sur un fonds de terre loué, il n’y ait pas quelquesvaleurs capitales répandues pour en faciliter l’exploitation, depuis unesimple clôture jusqua des constructions dispendieuses. Le loyer qui enrésulte en est d’autant plus fort; et cet accroissement de loyer est, sansen porter le nom, un véritable intérêt que paie le locataire ou le fer-mier.
Nous avons vu, dans les précédents chapitres, quelles sont les circons-tances qui influent sur le profit que rend un fonds de terre. Ce profit, quelqu’il soit, est le taux dont le fermage tend perpétuellement à se rappro-cher. Si le fermier s’aperçoit que le loyer qu’il paie excède ce taux, ilaura soin, au prochain renouvellement de bail, d’en demander la réduc-tion ; car, si après qu’il a payé tous les travaux nécessaires à l’entreprise,les siens compris, la terre ne lui rapporte pas de quoi s’acquitter enversson propriétaire, il est obligé de payer en partie celui-ci de ses propresdeniers. D’un autre côté, si le fermage ne s’élève pas au niveau du profitque le fonds de terre peut rapporter, au prochain renouvellement de bailun concurrent du fermier peut en offrir davantage , sans renoncer pourcela aux profits qu’il est en droit d’attendre de ses capitaux et de son tra-vail ; et l’intérêt personnel sollicitera le propriétaire du fonds de préférerce nouvel entrepreneur.
Il résulte de cette nature des choses que c’est le propriétaire qui jouitde toutes les circonstances durables qui se trouvent être favorables à saterre, de même que de tous les perfectionnements agricoles qui s’intro-duisent dans son canton; car les circonstances favorables qui surviennent,comme l’ouverture d’une route ou d’un canal, augmentent le parti qu’onpeut tirer des produits de la terre ; et les concurrents qui se présententpour l’affermer, sachant qu’ils en tireront un plus grand parti, portentleurs offres plus haut. Il en est de même des perfectionnements que letemps amène dans l’art agricole, comme, par exemple, de la culture desplantes fourragères pendant les années de repos. Un fermier qui voudrafaire usage de cette nouvelle source de produits, étant en état de tirer plusde parti d’un champ, est en état d’en offrir un meilleur fermage et d’ob-tenir la préférence sur un fermier moins industrieux. Mais en même temps,comme il ne saurait douter qu’à mesure qu’il tirera un meilleur parti dela terre on augmentera le prix du bail, il est peu empressé à faire desessais dont les risques sont pour lui et les succès pour son propriétaire.On pourrait attribuer à cette cause la répugnance que les fermiers mon-trent en général pour les nouveautés, si le défaut de lumières et la paresse
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