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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXI.
d’esprit ne suffisaient pas pour expliquer le penchant de la plupart deshommes à suivre les sentiers de la routine.
On voit que les propriétaires sont plus intéressés que les fermiers auxaméliorations sociales quelles qu’elles soient ; et ceux qui passent molle-ment leur vie dans une ville ou dans une maison de plaisance, en touchantnonchalamment, à chaque terme, l’argent que leur apportent leurs fer-miers; ceux qui ne visitent jamais leurs terres, qui ne s’inquiètent nulle-ment des progrès de l’art agricole, qui ne provoquent aucune de cesgrandes entreprises d’irrigations, de manufactures, de routes et de canaux,qui doivent accroître les produits de leurs terres, suivent une routine plushonteuse encore, et plus préjudiciable à leurs vrais intérêts, que cellesauxquelles ils"reprochent aux gens de la campagne de rester attachés.
Si, un peu plus tôt ou un peu plus tard, le propriétaire fait son profitdes circonstances favorables aux profits du fonds de terre, c’est aussi luiqui, tôt ou lard, est victime des circonstances contraires aux biens-fonds.Si le service de la terre procure au fermier tous les ans un peu moins deprofits, il ne manquera guère de diminuer son offre à chaque renouvelle-ment de bail ; et nul concurrent ne peut en offrir plus que lui, à moins d’êtreen perte comme lui.
Telle est la marche commune des choses et le point où elles arriventtoujours avec le temps, après de lentes oscillations. Cependant des motifsd’un autre genre influent aussi sur le prix des baux. Les habitudes sontsouvent, du moins pour un temps, plus fortes que les intérêts. Des gensqui ont été élevés pour être fermiers veulent l’être toujours, dussent leurstravaux leur être moins profitables que dans une autre carrière : ils restentdans le même état, dans le même canton, dans la même ferme, quoiqueles profits y soient tombés au-dessous du taux commun des profits indus-triels dans le pays.
D’un autre côté, il y a des propriétaires qui, pour obéir à des affectionspersonnelles, ou bien à un usage constant dans leur caste, continuent àlouer leurs terres aux mêmes fermiers, presqu’au même prix, quoique lescirconstances aient subi de fort grands changements. Quelquefois il yaurait pour eux des dangers à faire violence aux habitudes, quoiqu’on fûtrigoureusement en droit de le faire. C’est ce qui a laissé subsister presquejusqu’à nos jours, dans les montagnes d’Ecosse, le même mode de locationqui était en usage dans le temps de la plus pure féodalité. Lorsque lesgrands propriétaires ne trouvaient de sûreté que dans le nombre et l’affec-