DES TERRES LOUEES ET DES FERMAGES.
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lion de leurs vassaux qui les servaient contre les entreprises des autresseigneurs, et même du roi, il leur importait de gagner l’affection de cescultivateurs, et de les multiplier : de là des loyers très modérés. Vu l’é-tendue des terres, peu de revenus en sortaient ; mais les terres nourris-saient de nombreux défenseurs et des partisans dévoués. Cependant, debonnes routes se sont étendues de tous les côtés ; peu à peu l’autorité dugouvernement de la Grande-Bretagne s’est trouvée plus confirmée ; on apu la faire respecter jusqu’au milieu des montagnes les plus reculées del’Écosse. Les seigneurs, dès lors, n’ont plus eu besoin de leurs vassauxpour défendre leurs domaines ; ils ont habité les capitales plus que leursterres, et ils ont été plus jaloux de grossir leurs revenus que de multiplierleurs clients. Leurs besoins devenus plus coûteux, ils ont cherché à porterleurs baux à leur véritable valeur. Avant la tentative malheureuse duprétendant, en 1745, la chose eût été difficile. Un seigneur qui eût ôtéune ferme à la famille qui s’en croyait en possession par une longue jouis-t sauce, aurait passé pour un tyran dévoré d’une avidité intolérable ',
Cependant, il n’y avait pas d’autres moyens d’étendre à ces cantons lesprogrès récents de l’agriculture et de tirer parti de tous les pouvoirs du sol.
Les baux ont été donnés graduellement à ceux qui en ont offert un plusfort loyer ; et ils n’ont pu en offrir un plus fort loyer sans épargner sur lesfrais de culture, sans employer les nouveaux procédés et les machines} expéditives, sans multiplier les troupeaux qui conviennent principalementaux pays de montagnes, mais qui occupent peu de cultivateurs : en un mot,les produits de ces cantons se sont accrus, mais ils ont nourri moins d’ha-bitants sur le sol même, et plus d’habitants hors de ces mêmes districts.!; Une population de cultivateurs armés, ayant peu d’occupations et des be-l soins bornés, s’est trouvée par degrés transformée en une population d’ou-vriers qui a rempli les districts manufacturiers. Les propriétaires ont tirédes revenus plus considérables de leurs domaines; des entrepreneurs demanufactures se sont créé des revenus entièrement nouveaux. Des villes,
1 Dans la plupart des cantons de l’ancienne Picardie les fermiers se consi-dèrent comme ayant, pour eux et leur famille, des droits acquis à rester sur lamême ferme; lorsqu’un propriétaire prétend user des siens pour louer à toutautre, il s’attire des vengeances, et sa ferme est incendiée; l’usage des lieux nelui permet de reprendre sa terre que pour la cultiver par lui-même. Ge reste decoutumes barbares est un des plus grands obstacles aux progrès agricoles danscelte partie de la France. [Note de l'éditeur.)