■116 CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXI.
comme Glasgow , ont vu quadrupler le nombre de leurs habitants ; desvillages, comme Paisley, sont devenus des villes importantes. Je n’examinepoint si ces changements étaient ou non désirables ; mais je dois remar-quer que la population totale et la richesse de l’Ecosse se sont considé-rablement accrues. Au surplus, un tel changement était inévitable ; il étaitla conséquence nécessaire du progrès de l’agriculture et de la paix inté-rieure; et si, sous certains rapports, on peut regretter la disparition dequelques habitudes patriarcales, d’un autre côté, c’est bien quelque choseque d’être débarrassé de ces guerres de tribu à tribu, de seigneur à sei-gneur, et des excès, souvent des horreurs dont elles étaient accompagnéesà l’affreuse époque qu’on appelle le bon vieux temps.
C’est ainsi que dans toutes les parties policées de l'Europe les baux sontgraduellement parvenus, ou parviendront, à leur entière valeur, c’est-à-dire à la valeur des profils que le fonds de terre peut donner dans chaquelocalité; et par les profits du fonds de terre,.je répète qu’il faut entendrece qu’il reste de profit lorsque le travail des industrieux de tous grades estpayé au taux général du canton, et lorsque les intérêts des capitaux mo-biles employés dans la même exploitation sont également payés.
Je suis même tenté de croire que les fermiers, dans la concurrence qu’ilsse font les uns aux autres, réduisent au taux le plus bas les profits qu’ilsse réservent pour leur industrie. Il y a toujours plusieurs concurrents pourchaque ferme. Les familles de fermiers sont fécondes en enfants, parcequ’on élève aisément les enfants dans les fermes. La nourriture y coûtepeu ; car on l’y tient de la première main, avant que son prix ait été aug-menté par les frais de transport, par les impôts sur les consommations, etc.Les vêtements de la famille n’entraînent pas non plus dans de grandesdépenses ; on en file, on en lisse une partie autour du foyer domestique,dans les saisons de l’année et aux heures où il n’est pas possible de tra-vailler au dehors. Ce qui rend, d’ordinaire, les vêtements dispendieux,ce sont les usages de la société, qui obligent de les entretenir propres etfrais tous les jours de l’année. Les familles des fermiers, posées çà et làsur la surface d’une province, ne sortent de leurs fermes que dans certainsjours de fête et ménagent longtemps leurs habits.
En même temps que les enfants coûtent peu dans les fermes, ils com-mencent de bonne heure à s’y rendre utiles. Les fermes ont des occupa-tions pour tous les âges, pour toutes les capacités et pour les deux sexes.Faut-il s’étonner que les enfants s’y multiplient! Or, à mesure qu’ils gran-dissent, leurs parents veulent les établir, c’est-à-dire leur trouver d’autres