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Tome II.
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DES TERRES LOUÉES ET DES FERMAGES.

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l'ermes. Il y a donc toujours de nouveaux demandeurs pour les biens à:• affermer; et comme, dans chaque canton anciennement cultivé, la quan-| tité des biens à affermer demeure la même, l’offre des fermes à donner| reste toujours en arrière de la demande. Les propriétaires exercent envers| les fermiers une sorte de monopole; et vous savez qu’il est dans la nature| de l’homme de se prévaloir de tous les privilèges qu’il tient de la nature des£ choses ou des institutions.

j Dans ce cas-ci on trouve des privilèges de plus d’une sorte, puisque| partout on a attribué des avantages sociaux à la propriété des terres. Je| ne parle pas des privilèges pécuniaires attachés en certains pays à la pos-| session des terres nobles; mais de la prépondérance qui naît de l’exerciceî de certaines fonctions, comme celles d’électeurs et de députés, ou d’ad-• ministraleurs, ou de juges, prépondérance qui, dans le marché qu’unpropriétaire passe avec un fermier, donne au premier un certain avantageJ pour stipuler les clauses qui lui sont avantageuses, ou pour faire déciderf en sa faveur les litiges auxquelles elles peuvent donner lieu. Nous avons1 encore plusieurs provinces où les fermiers nomment servilement le pro-l priétaire leur maître.

, « On ne peut assez s’étonner, dit un grand propriétaire foncier, M. de

« Tracy, dans ses Éléments d'idéologie que tous les hommes, et parti-« culièrement les agronomes, ne parlent des grands propriétaires de« terres qu’avec un amour et un respect vraiment superstitieux; qu’ils les« regardent comme les colonnes de l’État, l’âme de la société, les pères« nourriciers de l’agriculture ; tandis que, le plus souvent, ils prodiguent« l’horreur et le mépris aux prêteurs d’argent qui font exactement le même, « service qu’eux. Un gros bénéficier qui vient de louer sa ferme exorbi-« lamment cher se croit un homme très habile, et, qui plus est, très utile:j « il n’a pas le moindre doute sur sa scrupuleuse probité; et il ne s’aperçoit| « pas qu’il fait exactement comme l’usurier le plus âpre qu’il condamne« sans hésitation et sans pitié. Peut-être même son fermier, qu’il ruine, nei: « voit pas cette parfaite similitude; tant les hommes sont dupes des mots ! «Dans l’intérêt de la morale publique, la considération ne devrait êtreaccordée qu’au mérite personnel.

| ! Telles sont les raisons qui font que, hors des cas extraordinaires et sin-j' gulièrement heureux, on ne voit guère de fortunes faites dans la profes-

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