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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXI.
sion de fermier 1 . Les familles de fermiers ne font que de petites économiesà l’aide de beaucoup de privations et d’un genre de vie assez grossier,assez généralement dépourvu des jouissances délicates que se procurent ;les entrepreneurs d’une classe équivalente dans les autres industries. J’ai ivu les plus grosses fermes de France; la maison d’habitation n’avait à l’ex-térieur ni cour propre, ni jardin bien tenu , ni treillage embelli d’unecouleur égayante. Peu de meubles; aucun qui approchât de ceux des villespour la matière et pour le goût ; au lieu de ces papiers frais qui décorent ;nos appartements, je n’apercevais, dans le logement du maître et de sa fa- smille, que des murs nus ou couverts d’une boiserie enfumée, d’une vieille itapisserie, ou de ces images que le bon goût et le bon sens repoussent ;également. !
Au surplus, cet état arriéré tient peut-être encore plus aux habitudesgrossières des gens de la campagne en général, qu’à la position précaireet subordonnée du fermier. Nous avons vu que, lorsque les usages d’un ;peuple lui rendent nécessaire la satisfaction de certains besoins, les béné- jfices de la classe qui les éprouve s’élèvent naturellement assez pour que jces besoins soient satisfaits 2 . Quand la France sera plus civilisée dans les |classes inférieures de la société, quand l’instruction y sera plus répandueet l’influence des prêtres plus éclairée, la classe des fermiers se rappro-chera davantage de celle qu’on appelle, peut-être à tort, des gens comme iil faut \
' Des fermiers, en plus grand nombre que ne pensait peut-être l’auteur, ontacquis de véritables fortunes par l’agriculture; mais les progrès agricoles enFrance n'ont pas été assez grands encore pour donner à la profession de fermierl’importance qu’elle aura un jour. Cela tient en partie à ce que l’on n’a pas suemployer les capitaux en quantité suffisante pour porter les terres à leur pleinevaleur de production. Aussi,(les fils de fermiers riches se sont-ils trop rarementf fait fermiers à leur tour; leurs parents les ont envoyés dans les villes chercher -les éludes classiques, et se sont crus honorés ensuite en les voyant devenir ounotaires ou avoués. L’agriculture fera des progrès plus sûrs lorsque ceux quidoivent se destiner à la profession honorable de fermier pourront se procurerune instruction convenable et suffisamment développée. Les études classiquesont détourné sans profit bien des hommes de leur destination naturelle; les en-seignements professionnels, un jour convenablement encouragés, ne manque- ;ront pas d’exercer les plus heureux effets sur la prospérité de toutes les industries.
(Note de l'éditeur.)
2 Voyez les pages 33 et 48 de ce volume.
s II est fâcheux que la langue française ne puisse pas exprimer cette idée, sans