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Tome II.
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DU PRINCIPE DE LA POPULATION.

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dans les vingt-une dernières années : or, dans cet espace de temps, lapopulation des États-Unis s’est accrue de plus de 5 millions de personnes.Vous voyez que c’est à peine la soixantième partie de l’accroissement. S’iln’y avait eu aucune émigration, la population des États-Unis aurait doubléen vingt-un ans et quatre ou Cinq mois, au lieu de vingt-un ans.

Dans nos vieux États de l’Europe l’accroissement est presque insensible,comparé à celui-là. On n’y est cependant pas plus indifférent pour satis-faire au vœu de la nature.

Seraient-ce les guerres, les épidémies, les famines qui réduiraient per-pétuellement le nombre de leurs habitants? Mais avec une puissance pro-lifique pareille à celle dont nous avons vu que l’homme est doué, lesravages causés par ces fléaux passagers se trouveraient réparés en peude temps.

Les guerres de Napoléon ont été longues, imprudentes et meurtrières ;il a introduit l’inhumaine pratique de faire bivouaquer les armées, c’est-à-dire, de les faire reposer sans lentes dans toutes les saisons et sous tousles climats ; il a poussé jusqu’au scandale le mépris de la vie des hommes ;il a levé jusqu’à trois cent mille recrues par année : ch bien, en supposantque sur ce nombre d’hommes il n’en ait pas échappé un seul aux meur-tres , aux fatigues, aux privations de la guerre , si le pouvoir peuplantest, comme nous venons de le voir, de trente millions de personnes nu-biles en vingt-six années, il en peut produire 1200 mille par année ; et cesguerres cruelles n’auraient diminué un pareil accroissement que d’unquart la première année, de moinsd’un quart la seconde; tellement qu’uneguerre de vingt-deux années, horriblement destructive, n’aurait pas em-pêché la population de la France d’excéder à la paix 53 millions d’habi-tants ! Il y a donc une autre cause plus puissante que la guerre qui metdes bornes à l’extension possible de la population.

Seraient-ce les maladies contagieuses qui la bornent? La peste heureu-sement est trop rare dans nos climats, elle ravage chaque fois une éten-due de pays trop bornée pour maintenir la population dans les limites oùnous la voyons : celle de Marseille, en 1720, causa, dit-on, la mort de 50mille personnes. Admettons que ce nombre n’ait pas été exagéré parl’effroi; admettons que ce fléau ne soit tombé sur aucune des personnesqui auraient succombé en vertu des causes accidentelles qui font périr lamoitié des hommes avant l’àge de puberté, ses ravages n’auraient eud’autre effet que de réduire à 1150 mille âmes au lieu de 1200 mille l’ac-croissement que nous avons vu qu’une nation comme la nôtre peut prendre