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SIXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II.
CHAPITRE II.
Des moyens d’existence des hommes.
Ces moyens d’exister, seule borne des populations, en quoi consistent-ils?Telle est la question qu’amènent les conclusions du précédent chapitre.La solution n’est pas exempte de difficultés ; elle a conséquemment donnénaissance à des objections, faciles à résoudre du moment qu’on a une vuecomplète du sujet.
Les moyens d’existence d’une population sont toutes les choses, sansexception, capables de satisfaire ses besoins : celte proposition se prouved’elle-même. Or, les besoins de l’homme varient suivant les climats et sui-vant les habitudes contractées, soit dans la nation tout entière, soit danscertaines classes en particulier.
Dans les climats septentrionaux, le vêtement et le couvert sont aussiindispensables pour exister que la nourriture. Dans les pays civilisés, onne pourrait pas vivre de viande crue, comme font certains peuples. Dansles classes instruites de la société, et parmi ce que l’on appelle les gensbien élevés, un homme condamné à se vêtir de haillons et à se nourrir dela soupe des goujats serait un homme mort. Or, ce que nous voyons ainsiindispensable à la vie dans les divers pays et dans les diverses classes dechaque pays, voilà ce que j’appelle les moyens d’exister de la population.C’est en proportion de la quantité de ces divers moyens d’exister, dontchacune des classes de la nation peut disposer, que cette classe se main-tient, s’augmente, ou se réduit. Lorsque dans une classe quelconque dela société les moyens d’exister viennent à augmenter, les causes natu-relles qui tendent à multiplier progressivement les hommes en multi-plient le nombre jusqu’au point d’absorber les moyens de cette classe ; etquand ces moyens s’étendent pour la majorité des classes, et encore mieuxquand ils s’étendent pour toutes les classes, la population du pays va crois-sant.
De ces deux propositions incontestables, l’une que la population a unetendance à s’accroître progressivement, l’autre qu’elle ne peut pas dé-passer les moyens d’exister, on peut donc déduire celle troisième propo-sition : c’est que la population d’un pays n’est jamais bornée que par sesproduits. La production est la mesure de la population, moyennant les ex-plications que je vous ai données relativement à la nature des besoins. C’est