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Tome II.
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i;W SIXIÈME PARTIE. — CHAPITRE il.

marchandise est plus grand, comparé avec les frais indispensables pourla produire.

Mais les frais de production ne se comparent pas seulement de produità produit; ils se comparent aussi dans les différentes manières de procurerle même produit. Il y a deux manières de produire du blé en Hollande ;Tune est de le semer dans un champ à côté du consommateur, l’autre estde le faire venir de Dantzig ou d’ailleurs. Le producteur compare les fraisde production de chaque manière, et se décide en faveur de la moins coû-teuse. Si, au prix où est le blé qui vient de Dantzig, un arpent semé enblé en rapporte, frais déduits, pour GO francs, et que le même arpent,semé en lin, rapporte du lin pour 90 francs, il sèmera en lin ; et au lieude quatre quintaux de blé, plus ou moins, qu’il aurait recueillis sur sonarpent, le même arpent lui en rapportera six; car, avec 90 francs, le cul-tivateur de lin achètera six quintaux du blé que le commerce fait venirde Dantzig. Vous voyez que, lorsque nous voulons connaître les rapportsde la production avec la population , nous nous égarerions si nous nousoccupions de la nature des produits ; c’est l’affaire de la population elle-même : la facilité des échanges fait qu’elle peut ne songer à autre chosequ’a gagner, puisque la valeur produite procure la chose dont le besoinse fait le plus vivement sentir. Nous pouvons donc, relativement à unpeuple tout entier, ne nous occuper que delà somme des produits; et nousrépéterons qu’en tout pays le nombre des habitants s’élève autant que lepermet la production totale du pays, et ne va jamais au-delà.

Rapprochant ensuite cette vérité de celles qui ont précédé, nous ajoute-rons que les malheurs accidentels, les fléaux qui retranchent du nombredes vivants des portièns quelconques de l’humanité, ou qui empêchent leshommes de naître, quand ce n’est pas le défaut de produits, ne font queretarder le moment où la population atteint la limite de la production ;mais que, par la raison que la force procréatrice est plus que suffisantepour atteindre cette limite, elle l’atteint toujours.

Remarquez, messieurs, que cette proposition, la population s'élève tou-jours en raison de la quantité des produits du pays, équivaut à celle-ci : lapopulation s’élève toujours en raison des revenus du pays.

Qu’est-ce en effet que le revenu d’un pays? c’est la quantité de produitsobtenue en échange des services productifs de tous les producteurs. C’estce que je vous ai rigoureusement prouvé au commencement de la qua-trième partie de ce Cours. Dans Tune et l’autre proposition, c’est toujoursla quantité de produits, sous deux noms différents.