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Tome II.
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DE CE QUI BORNE LA POPULATION.

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Et quand je vous ai dit que la production se conforme naturellementaux besoins, qu’ai-je entendu, sinon que, pour exister du mieux qu’il peut,chacun emploie son revenu aux choses qui satisfont le mieux ses besoins?C’est ainsi que nous arrivons, par la voie de la démonstration, aux véritésles plus vulgaires, et que nous marchons entourés par les faits; mais c’esttoujours en les observant, c’est en les expliquant-, en remarquant d’où ilsviennent et où ils tendent.

Dans ce calcul, il ne faut pas même défalquer cette portion des revenusqu’on économise; car ce qu’on économise augmente les capitaux, et lescapitaux se consomment reproduclivement, c’est-à-dire nourrissent desproducteurs.

Lorsqu’on mange son capital, on en vit, et la population n’en est paspour le moment altérée ; mais comme un capital consommé ne travailleplus à la production, les produits de l’année suivante diminuent, à moinsqu’on ne rachète par une plus habile industrie ce que l’on gagne de moinssur ses capitaux. La possibilité de transformer un produit en un autrepar le moyen des échanges laisse à une population , quand surviennentdes temps de disette, la ressource de consommer en denrées une portiondu mobilier qu’on s’était formé à des époques plus favorables. On retrouvealors, et l’on applique à sa nourriture, des valeurs qu’on avait accumuléespour un autre usage.

C’est une ressource que n’a point un peuple trop indigent. Un Indou,qui ne possède qu’une hutte en terre et qui n’est vêtu que d’une colonnadede quelques sous, ne supporte pas les années rigoureuses; tandis qu’enHollande, pendant la disette de 1812, les pauvres gens, qui possédaienttous des moules à faire des gaufres, trouvèrent quelque soulagement dansce meuble et d’autres du même genre. Le peuple de Hollande étant bienvêtu, pouvait rester un an, deux ans, sans acheter d’habits, de linge, debas, de chapeaux. La portion de ses profits appliquée ordinairement àl’entretien de toutes ces choses put être employée à des aliments. Dansune classe un peu plus relevée du même pays, on consomma jusqu’à desmaisons. On voyait démolir de très bonnes constructions que leurs pro-priétaires vendaient pièce à pièce pour vivre. C’étaient des privations etdes perles; mais dans ces cas-là il vaut mieux supporter des pertes quede périr. C’est déjà un bonheur que d’avoir quelque chose à perdre.

L’absence de tout moyen d’exister ne pouvant suppléer à rien , quandla fécondité de l’espèce multiplie les êtres humains au-delà de ce terme,ils y sont ramenés par des destructions violentes ; destructions qui, pour