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Tome II.
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DE CE QUI BORNE LA POPULATION.

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| ragements mal entendus de la part du gouvernement, favorisent un déve-loppement de population supérieur à la production, elle est violemmentramenée à son taux nécessaire. Telle est la grande mortalité qui se mani-feste dans les classes indigentes et dans les hôpitaux ; tristes moyens parlesquels la nature des choses, toujours obéie, manifeste son pouvoir. Lesobstacles de ce dernier genre peuvent être appelés restrictifs , ou sup-pressifs.

Quelques écrivains ont attribué la population presque stationnaire quel’on remarque chez de vieilles nations, non à l’état annuel de leur produc-tion, mais à celte multitude d’accidents, de maladies, de crimes, et à lacorruption qui régnent parmi les populations nombreuses, et ils ont niéce pouvoir de l’homme de reproduire son semblable en nombre supérieuraux moyens qu’il a d’exister. Il n’est pas besoin, disent-ils, de la guerreet de la famine pour réduire les populations. Elles sont toujours tellementréduites par les maux de tous genres, ordinaires et extraordinaires, quiassaillent l’homme eu société, que c’est à grand’peine qu’il peut maintenirson nombre.

' Ces écrivains ne tiennent nul compte des progrès que fait, même dans| les pays anciennement civilisés, la population, du moment que laproduc-■ lion augmente.

En second lieu, si le pouvoir générateur pouvait à peine entretenir lespopulations, comment réussirait-il si promptement, même dans les vieillessociétés, à rétablir les populations moissonnées par les grands fléaux?

En 1709 et 1710, il y eut en Prusse une peste terrible, puisqu’elle enlevaun tiers de la population du pays. Un auteur allemand, cité par Malthus,et qui se nomme Sussmilch, ayant conservé des tables très exactes dunombre des mariages, des naissances et des décès en Prusse, depuisî 1692 jusqu’en 1757, a pu nous faire connaître assez fidèlement les effets| de cette épidémie sur la population : ils sont curieux,j On pouvait s’attendre que, dans Tannée qui suivit la peste, les deuxI tiers des personnes qu’elle avait laissées subsister durent avoir moins d’en-fants que la population tout entière n’en avait eu précédemment; pointdu tout. L’année qui avait précédé celle de la peste, il y avait eu, en nombrerond, 26,000 naissances, et Tannée qui suivit la peste il y en eut32,000.

Ou serait tenté de s’imaginer du moins que, dans la profonde tristesse,dans le découragement que dut causer ce fléau, et lorsque chaque familleavait ses pertes à déplorer, on dut avoir peu de goût pour le mariage; on