Band 
Tome II.
Seite
137
JPEG-Download
 

OBJECTIONS AU PRINCIPE DE LA POPULATION.

137

l’esprit de fiscalité de l’administration, qui nuit à leur succès, leur usage| est borné; celui de la houille l’est également; les produits de l’industrie ne| se multiplient pas comme ils le devraient, et la population de certaines| contrées ne prend pas l’accroissement dont elle serait susceptible, seule-I ment parce qu’il ne s’y établit pas des canaux de navigation. Le défaut del communications peu coûteuses empêche qu’on ne fasse usage de houille;? le défaut de houille empêche le développement des arts nécessaires à\ l’agriculture ; l’imperfection des uns et des autres entrave la production,j et c’est encore la production qui met des bornes à la population.

; En soumettant chaque pays et chaque localisé de tous les pays à des| épreuves du même genre, on s’expliquera aisément comment la majeure■ partie de la terre habitable n’a point une population analogue à sa fertilité,ï ni, en général, à ses moyens naturels. Dans une peuplade quelconque, nousJ pouvons supposer qu’il se trouve toujours quelques hommes qui, pour1 vivre à l’aise et se reposer sur leurs vieux jours, seraient assez disposés à| cultiver un coin de terre, à étendre par degrés leurs défrichements, àI élever d’abord une cabane, puis une maison, à multiplier des bêles à laine,

{ des bêles à cornes, et finalement à faire un bon établissement d’agricul-' ture : ceux-là seraient imités par d’autres, et peu à peu tout le pays se: trouverait cultivé et peuplé, comme cela se pratique au Kentucky. Mais. dans la plupart des contrées de la terre, celui qui commencerait un défri-chement pareil, aussitôt qu’il aurait amassé un sac de blé, aussitôt qu’ilaurait élevé deux moutons, serait pillé par Jes gens de sa tribu ou d’uneautre tribu, ou par son propre gouvernement, et jamais il ne parviendraità faire les accumulations nécessaires pour composer un établissement agri-cole. -

; Les arts et l’industrie étant peu développés chez les anciens, ils étaient,

| plus souvent que nous, poussés par le besoin de nourriture à se déclarer^ la guerre'. Ce fléau, dans ce cas, n’était qu’un instrument de désastres,

I dont le défaut de production était la cause primitive. De nos jours, ce motifj est rarement ce qui détermine une invasion ; niais la population est ra-il menée au nombre que peut nourrir la production par d’autres moyens)

i ______

^ ' « La faim le veut, la faim cruelle et irrésistible, cette source de tant de

H « maux pour les mortels. C’est par elle que s’équipent des flottes qui, affrontant« la rage d’Amphitrile, portent la guerre aux rives éloignées. » Homère, Odyssée,

• liant 17.