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SIXIEME PARTIE.
CHAPITRE III.
qui ne sont pas toujours accompagnés de maux aussi redoutables que ceux <qui accompagnent les guerres.
Les principes suffisent de même pour expliquer comment, avec des cir-constances en apparence défavorables, la population peut s’accroître.Pourquoi n’a-t-elle pas décliné pendant la révolution française, époque oùla France a perdu ses colonies, son commerce extérieur, et consommé uneénorme quantité d’hommes? C’est parcequelesproduclions intérieures, quisont de beaucoup les plus importantes, ont été favorisées par la liberté d’in-dustrie et par l’activité que l’effervescence populaire a développée. Lesclasses oisives se sont éloignées' ; les classes laborieuses ont fait de nou-veaux efforts; on a produit davantage; et les pertes d’hommes ont pucoûter des larmes à l’humanité, mais n’ont jamais pu absorber les accrois-sements dont toutes les populations sont susceptibles lorsque la productionest favorisée. Si ces accroissements n’ont pas été plus rapides sous le gou-vernement de la Convention et sous celui de l’empereur, ce n’est pas àcause des consommations d’hommes qu’on peut justement leur reprocher,c’est par la faute des mauvaises lois et de la mauvaise administration 1 2 .
M. de Sismondi, pour prouver, en contradiction avec Malthus, que cen’est pas la borne des moyens d’existence qui limite la population, dit queles grandes familles, les familles les plus opulentes, et qui ne manquentde rien, diminuent et s’éteignent peut-être plus fréquemment que lesautres. « Les Montmorency, dit-il, n’ont jamais manqué de pain ; leur« multiplication, selon le système de Malthus, n’a jamais dû être arrêtée« par défaut de subsistances; leur nombre aurait donc dû doubler tous les« vingt-cinq ans. A ce compte, et en supposant que le premier Montrno-« rency ait vécu en l’an 1000, dès l’an 1600 ses descendants auraient dû se« trouver au nombre de 16,777,216. La France, à celle époque, ne comp-te tait pas tant d’habitants. Leur multiplication continuant toujours de
1 Ou verra, quand je traiterai de la consommation, que si les émigrations denobles et de prêtres peuvent nuire à certaines consommations, elles ne dimi-nuent pas la consommation totale. Quand les oisifs s’éloignent et que les pro-ducteurs restent, si la consommation stérile diminue, la consommation produc-tive augmente, et les accumulations ou accroissements de capi taux se multiplient.
2 Une administration n’est pas bonne seulement parce qu’elle fait payer rigou-reusement de gros impôts et maintient le bon ordre; il faut de plus qu’une na-tion se trouve indemnisée des sacrifices de tous genres qu’on lui impose : autre-ment on la vole.