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SIXIÈME PARTIE.
CHAPITRE Vil.
CHAPITRE VII.
Que la vie moyenne de l’homme ‘ s’est prolongée.
On pourrait inférer des principes relatifs à la population, que les pro-grès ou le déclin de l’art de guérir n’ont aucune importance; car si la po-pulation est nécessairement et dans tous les cas réduite au nombre depersonnes que le pays peut nourrir, celles qui sont sauvées par les progrèsde l’art condamnent un nombre pareil à succomber par d’autres causes.
L’expérience justifie jusqu’à un certain point une semblable crainte. Unmédecin anglais, M. Walt, a compulsé les registres mortuaires de la villede Glasgow, depuis 1783 jusqu’en 1813, c’est-à-dire à peu près pendantles quinze années qui ont précédé et les quinze années qui ont suivi ladécouverte de la vaccine; et il s’est convaincu que, quoique depuis la vac-cine le nombre des enfants de dix ans et au-dessous, morts de la petitevérole, ait été considérablement réduit, cependant le nombre des morts,parmi les énfants de cet âge, est toujours demeuré à peu près le même.La petite vérole en a emporté beaucoup moins ; mais la rougeole et lesautres maladies propres à l’enfance en ont emporté beaucoup plus 1 2 .
Pareille observation a été faite à Pavie par M. Rusconi. Depuis l’usagede la vaccine, la mortalité des enfants diminua, dans la ville même, dans
1 On sait que, par la vie moyenne, on entend le nombre d’années que viventles hommes, l’un portant l’autre; c’est-à-dire les vies plus longues servant decompensation aux plus courtes. On calcule la vie moyenne en additionnant Paged’un grand nombre de décédés, et en divisant la somme des années par le nombredes morts.
Lu probabilité de vie est le nombre d’années que Ton a probablement à vivredans chacun des âges où l’on se trouve. On la connaît en cherchant quelle a étéla vie moyenne d’un grand nombre de personnes prises au même âge.
Dans un état donné de la société, la vie moyenne reste toujours la même. Laprobabilité de vie change à tous les âges. Un enfant de dix ans doit probablementvivre plus longtemps qu’un enfant de un an.
a Watt en conclut faussement que la vaccine engendre ou aggrave ces autresmaladies. Il devait en conclure simplement que la mort, trouvant fermée une deses issues ordinaires, s’en était ouvert de nouvelles.