VIE MOYENNE DE L’HOMME.
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la proportion de 41 sur cent, à 30 sur cent; mais dans le faubourg humideet populeux du Tésin, la mortalité augmenta en même temps dans la pro-portion de 58 à 60 sur cent
Maillais, en rapportant des observations analogues du docteur Heber-| deen, ajoute : « Il semble cpie la mortalité doive toujours avoir son cours :« si vous obstruez quelques-uns des canaux par où elle entraîne le genre« humain, il faut qu’elle coule dans d’autres canaux. » Jamais les progrèsde la médecine, jamais les moyens préservatifs ou curatifs que l’on connaîtdéjà, ou que l’on découvrira par la suite, n’exerceront d’influence sur lapopulation des États. De même que nulle contagion ne saurait y porteratteinte quand la production se soutient, mille Boerhaaves donnant gra-tuitement les secours de leur art ne pourraient la maintenir, si la pro-duction va en déclinant 1 2 * * * * .
Faut-il en conclure que les progrès de l’art de guérir sont absolumentindifférents et qu’il n’en résultera jamais aucun bien 7 Non, messieurs.Cet art, et en général tout régime diététique conservateur de la vie deshommes, s’il n’influe pas sur leur nombre, influe beaucoup sur leur con-dition. C’est de quoi vous allez vous convaincre.
La population d’un pays, quelle qu’elle soit, peut s’entretenir au nombreoù la somme des produits veut qu’elle se maintienne de deux manièresdifférentes : ou par une durée plus longue des mêmes individus, ou pardes renouvellements plus fréquents. Une personne qui a vécu 40 ans, a’ tenu la même place dans le monde que deux personnes successives quiont vécu 20 ans chacune. Mais dans la première de ces suppositions, la■ place a été occupée sans qu’il y ait eu plus d’une naissance et d’un décès; dans cet espace de temps; tandis que dans la supposition où la même placeaurait été occupée par deux vies successives de 20 ans chacune, il y auraiteu deux naissances et deux morts.
De même si, dans la population totale d’un pays, il y a trente millionsde places semblables, que les individus occupent successivement, il faudra
1 Voyez un mémoire inséré dans la Bibliothèque médicale, par le docteurPrunelle, sous ce titre : De l’action de la médecine sur la population des Étals.
2 Gioja, dais son Nouveau Tableau des sciences économiques, donne des re-
levés des registres du Royaume d’Italie, d’où il résulte que, dans les cantons où
l’on cultive le riz (cantons extrêmement malsains en raison de la nécessité où
l’on est de tenir les rizières inondées), les mariages elles naissances sont bien
plus multipliés que dans les autres cantons. Tome II, page 261.