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Tome II.
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DE L’INÉGALITÉ DES RÉCOLTES.

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talion actuelle de population, tout au moins un acheminement vers cetteaugmentation, il arrive que de pareilles années préparent à la fois pourles suivantes et plus de citoyens et moins de denrées alimentaires pour1 les nourrir.

Les mauvaises récoltes et une cherté disproportionnée avec les res-sources du consommateur ont des effets encore plus funestes et que jen’ai pas besoin de vous retracer.

Vous voyez, messieurs, que, pour le bien de l’humanité, l’effet désirableserait que, dans les années d’abondance, on pût mettre en réserve toutle blé dont on aura besoin dans les années de disette, et procurer ainsi, àchaque nation, une année moyenne proportionnée à sa population moyenne.Le remède paraît simple; mais à l’exécution il est fort difficile; et les pu-blicistes, les hommes d’Élal se sont longtemps disputés sur les moyensd’atteindre ce but. Les uns ont nettement décidé qu’on n’y saurait par-venir à moins que l’administration ne porte un œil vigilant sur l’état dessubsistances, et ne fasse, selon l’occasion, deslois et des réglements propresà prévenir les inconvénients qui pourraient résulter pour la population de| l’imprévoyance et de la cupidité des particuliers. Les autres ont été d’avisau contraire que tout acte de la part de l’autorité est plus nuisible qu’utile,

) et que le meilleur moyen pour assurer l’approvisionnement des peuples,

! est de laisser toute latitude à l’agriculture et au commerce. D’autres enfinont pensé qu’en certains pays le commerce et l’agriculture, quoique laissésà la plus entière liberté, ne sauraient se passer tout-à-fait de l’appui del’administration.

Écoutons les principales raisons sur lesquelles s’appuie chacune de cesopinions, et d’abord les partisans des mesures administratives,j Quand on songe, disent-ils, aux maux effroyables qui accompagnent laS disette et surtout la famine; quand on songe aux souffrances, à la mort,aux désordres qu’elle entraîne, on sent la nécessité de ne rien abandonnerau hasard des événements pour prévenir de si grands malheurs. On doit,en conséquence, si l’on voit la récolte mauvaise, défendre l’exportationdes grains et des farines; accorder des primes à ceux qui en feront venir;ordonner pour compte du gouvernement des achats dans l’étranger. Si,malgré la cherté, les fermiers refusent de vendre, il faut les contraindrei à porter leur blé au marché. Si des accapareurs veulent spéculer sur la! misère publique et former des magasins qui, soustrayant une partie des! subsistances aux consommateurs, en font monter le prix encore plus haut,il faut prohiber toutes les ventes clandestines, surveiller les transports de