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Tome II.
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1)E L’INÉGALITÉ DES RECOLTES.

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si ces frais ne sont pas remboursés au cultivateur, la production du bléest attaquée à sa source. Ils disent que la concurrence et les besoins desvendeurs sont une garantie que le prix, du grain ne montera jamais à untaux excessif ; qu’il est utile, quand la récolte s’annonce mal, que le prixmonte, parce que la cherté met alors, en temps utile, des bornes salu-taires à la consommation. Les réserves et les magasins que forment, dansce cas, les fermiers et les commerçants, produisent un effet pareil. Ilsfont monter le prix du grain lorsqu’il est nécessaire qu’on l’économise, etils le versent dans la consommation au moment de la plus grande cherté,c’est-à-dire delà plus grande rareté ; ce qui est l’instant où l’on en a leplus de besoin.

Pour que Ton forme des magasins dans les années où le blé est à vilprix (magasins qu’on retrouve dans les années de cherté), le meilleurdes encouragements est de les protéger contre tous les dangers, et dedonner aux administrés, non-seulement l’assurance, mais la convictionque le propriétaire d’une provision pourra en disposer quand et com-ment il voudra. Les magasins ne peuvent être bien tenus que lorsque cesont des particuliers qui les forment. Si, dans les dépôts, ils se trouvedes blés gâtés et perdus pour tout le monde, c’est principalement dansceux de l’administration que ce malheur arrive ; car les particuliers, pouréviter des pertes graves, ont soin de visiter les leurs, et ils se hâtent dese débarrasser des marchandises qui menacent de s’avarier. Il est diffi-cile que les administrateurs nommés par le gouvernement ou par lesvilles, ayant la certitude que la perte ou le gain ne les regardent pas,mettent dans les achats, dans les ventes, dans la conservation des grains,ce soin, celle diligence que réclament absolument toutes les opérationscommerciales. Quel intérêt ont-ils à surveiller les subalternes, à exigerd’eux du travail et de l’assiduité, et à réduire des frais qui, au fait, sontdes profits pour tous les agents de l’administration?

Quand les particuliers sont détournés par la crainte des mesures admi-nistratives de faire des approvisionnements et d’avoir des dépôts de sub-sistances, les approvisionnements de l’administration sont toujours in-suffisants dans un grand État. En évaluant au tiers le déficit d’une mau-vaise récolte, il ne s’élèverait pas en France à moins de 20 millionsd’hectolitres, dont la valeur moyenne est de 18 fr. ; ce qui fait 300 mil-lions pour la valeur des blés qu’il faudrait toujours avoir en magasin,sans compter la valeur des édifices, des manipulations et des ustensilesnécessaires pour loger et soigner cette immense provision.