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Tome II.
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SIXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XI.

Quant aux ressources que l’on peut trouver dans les importations de ■l’étranger, pour suppléer au déficit des récoltes, les défenseurs de la li-berté du commerce des grains observent que le commerce des particulierspeut seul faire arriver des quantités importantes. Les 80 millions que legouvernement français dépensa en 1740 pour faire venir de l’étrangerdu blé qui, tout rendu, ne lui revint pas à moins de S0 francs le setier,procura un supplément d’approvisionnement suffisant pour fournir dupain à la France pendant 16 jours tout au plus ; tandis qu’une récolte in-férieure d’un tiers à la récolte ordinaire laisse la France sans pain pen-dant 120 jours !

Plus récemment, on voit, dans un rapport du ministre de l’intérieur',que, dans la disette de 1817, le gouvernement, par des achats qui ont •coûté 70 millions, a procuré à la France une quantité de 1,460 mille bec- itolitres de blé; or, celte quantité n’est pas suffisante pour fournir du painà la France pendant 8 jours ! Et remarquez que, sur les achats du gou-vernement, plus du tiers avaient été faits dans la France même; qu’ilsn’ajoutaient rien par conséquent à ses ressources , et qu’une quantité in-connue de blé et de farine fut avariée, qui no servit à la nourriture, depersonne. Le ministre convient lui-même que le commerce seul , et le com-merce libre et indépendant, peut attirer et répandre dans l'intérieur lesressources nécessaires.

Il ne faut pas croire que le commerce des blés soit fait seulement pardes commerçants en litre et par des spéculateurs. Les farinicrs ou meu-niers en gros, les boulangers et môme les brasseurs, lorsque le prix estassez bas pour qu’on ne puisse pas s’attendre à une baisse plus forte,ou lorsqu’ils appréhendent un renchérissement quelconque, augmententleurs approvisionnements ou leur fabrication. Les fermiers eux-mêmessuspendent leurs ventes et font des magasins de blé ; et ce sont là lesopérations les plus efficaces *.

1 Du 24 décembre 1817.

a En Angleterre, où les fermes sont considérables et où la plupart des fer-miers ont un capital suffisant, ce sont eux qui, dans les temps d’abondance, font <les réserves les plus sûres, parce qu’elles sont nombreuses. La prévoyance del’administration ne peut jamais en faire au total d’aussi fortes. Elles suffisenten général pour préserver l’Angleterre des disettes si funestes dans d’autresEtats. Ces réserves sc font par le moyen des meules de blé, et par conséquentn’exigent pas des greniers d’abondance fastueux et très dispendieux. Il est re-