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Tome II.
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DE L’INÉGALITÉ DES RÉCOLTES.

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Les achats de l’administration ont ce fâcheux effet, qu’ils décèlent desalarmes que l’ignorance populaire embrasse, propage et augmente.Chacun croit devoir se précautionner contre une disette qui n’est sou-vent pas réelle ; on fait des provisions et l’on n’en achète pas moins saconsommation courante, ce qui, pour un temps, double les achats ; ensorte qu’un faible secours procuré par le gouvernement, outre ce qu’ilcoûte au contribuable, lui fait payer plus cher ce qu’il ne lui procurepas *.

On convient généralement à présent que la circulation des grains cl

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connu en outre que le blé se conserve mieux de cette manière que de toute autre.Le blé n’étant pas battu, chaque grain séparément reste enveloppé dans sa balle,cl cet isolement prévient sa détérioration. Il est vrai que la méthode des fermiersanglais suppose deux genres de précautions, mais qui sont à la portée des autres; pays : 1° 11 faut que les fermes soient pourvues de machines à battre ( trashingmills ), afin que l’on puisse porter au marché le blé quand le haut prix ou le be-soin de vendre se fait sentir; 2° il faut que les meules soient faites avec assez[ de soin pour que l’épi soit garanti de l’humidité et des animaux parasites. Pour

? cet effet les meules doivent être élevées sur des planchers et des dés en maçon-

nerie; et il faut que la paille soit artistement rangée, que l’épi soit à l’intérieur,et qu’au moyen de sa couverture en chaume et des bords coupés très nets avecdes couteaux faits exprès, la paille ne soit accessible à aucun être malfaisant.

1 On a reproché avec quelque justice à M. Necker, en 1789, d’avoir dit dansun écrit imprimé : « A mon arrivée dans le ministère, je me hâtai de prendre« des informations sur le produit de la récolte et sur les besoins des pays étran-« gers, etc. » Quelles informations concluantes, a-t-on dit, un ministre peut-ilprendre? Un maire de village ne peut pas savoir ce que sa commune a produitde blé : comment un ministre saura-t-il ce qu’a produit un vaste royaume, cequ’on a vendu, ce qui a été consommé? Et quand il le saurait, quelle règle deconduite pourrait-il tirer de ce savoir? S’il fait des achats, il effraie le peuple etécarte les commerçants qui ne veulent point entrer en concurrence avec un gou-vernement. Lorsqu’on parle en même temps de l’utile prévoyance du gouverne-ment, de la nécessité de hâter le mouvement du commerce, on aggrave le mal envoulant se donner le mérite de le réparer. Arthur Young, qui parcourait laFrance dans cette même année 1789, affirme que partout on lui dit que la récolteavait été ordinaire, et qu’aussitôt que M. Necker eut annoncé à rassemblée na-tionale qu’il avait fait acheter à l’étranger 1400 mille quintaux dont 800 milleétaient déjà arrivés, cette annonce, qui semblait devoir faire baisser le prix dublé, le lit monter dans tous les marchés.