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Tome II.
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I)E L’INÉGALITÉ DES RÉCOLTES.

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fois en cinq ans, et de cherté excessive une fois en dix ans. Les frais degarde pour le blé, l’intérêt des avances compris, ne sont pas évalués àmoins de quinze pour cent par année 1 . Or, .quinze pour cent à intérêt! composé sont une dépense qui excède cent pour cent au-bout de cinq ans,et quatre cents pour cent, si Ton est obligé d’attendre la dixième annéei pour réaliser. Il faudrait donc, pour que les spéculateurs fussent indem-

i nisés, que le blé montât à un prix qui excédât celui des plus affreuses

disettes qu’on ait vues en France.

La prévoyance des consommateurs eux-mêmes n’offre pas une garantie' plus rassurante. La plupart manquent de capitaux suffisants pour fairel’avance de leurs approvisionnements pendant un an ; ils manqueraientde local pour le garder, et en seraient embarrassés dans leurs déména-gements.

Faut-il donc, dans un pays parvenu à une liante civilisation, laisser unepopulation nombreuse en butte aux maux qui naissent de l’inégalité desrécoltes? O 11 peut supporter de grandes fluctuations de valeurs dans leschoses qui sont d’une nécessité moins urgente. Un homme qui ne peutatteindre au prix d’un vêtement, en renvoie l’acquisition à un autre temps.Il peut se passer d’abri plusieurs nuits de suite. Ces privations sont pénibles,

* Le déchet se compose des maladies auxquelles le blé est sujet et des ravagescausés par diverses sortes d’insectes et d’animaux. La ville de Paris allouait auxentrepreneurs et soumissionnaires au rabais de celte garde 1 franc 30 centimesf par quintal métrique pour le déchet et les manipulations. Eu évaluant le quintal! à 23 francs, prix moyen, cela fait 61/2 pour cent de la valeur. La ville de Parisfournissait en outre les emplacements et les greniers où étaient conservés lesj blés, qui forment seuls un capital considérable et qui coûtent, indépendammentde Tinlérêt, un entretien considérable, surtout à cause des planchers. C’est éva-luer peu cette dépense que de la porter au 3 1/2 pour cent de la valeur des blés,ce qui fait le complément de dix pour cent, auxquels il convient d’ajouter 5 pourcent pour intérêts de la valeur du blé ; sans comprendre encore les risques quefont courir les incendies accidentels, le feu du ciel et les émeutes populaires.Enfin, en supposant que tous ces frais fussent couverts par la hausse du prixde la denrée conservée, il ne resterait encore rien pour la peine, les soins prispar les spéculateurs peudant plusieurs années, sans compter les risques per-sonnels auxquels les fureurs d’une populace souffrante pourraient les exposer,quoiqu’il n’y eût aucune faute de leur part, et que leur spéculation fût légitimememe aux yeux de la plus sévère morale.