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SIXIÈME PARTIE.
CHAPITRE XI.
mais ne sonl pas mortelles. Il ne peut pas de même ajourner à l’autre se- jmai ne les impérieuses sollicitations de son estomac. Elles sont à la foisles plus pressantes et les plus coûteuses de toutes; et lorsqu’elles attaquenten même temps une importante portion d’une population considérable,elles peuvent la porter à une exaspération funeste pour elle-même et dan-gereuse pour les autres. :
N’est-ce pas ici un des cas où il faut savoir, dans la politique pratique, !s’écarter des principes généraux? Les principes généraux représentent !une industrie abandonnée à elle-même comme le moyen le plus assuré de Ipourvoir à nos besoins : l’expérience nous fait voir que l’intérêt pécuniaire, !que les habitudes ne suffisent point pour que les hommes fassent des ré- j
serves assez longues pour parer à l’inégalité des récoltes chez un grand j
peuple. Dans l’insuffisance où sonl les gouvernements et les particulierspour en venir à bout séparément, ne peuvent-ils pas unir leurs efforts,sinon pour remédier complètement à cette rigueur des choses naturelles,au moins pour en adoucir les effets? La nature semble avoir compté sur ,les ressources de l’industrie humaine, lorsqu’elle a placé l’homme dépouillé,nu, sans abri sur cette terre : n’a-t-elle pas de même compté sur son in-telligence , sa prévoyance et ses soins, lorsqu’il s’est agi pour lui de seformer en sociétés immenses et de pourvoir à leur conservation?
Il semble que chaque commune favoriserait suffisamment les spécula-tions particulières relatives à la plus importante des subsistances, si elle ;offrait aux capitalistes qui, dans chaque localité jouissent de l’estime pu-blique , une indemnité diminuée par la concurrence, en faveur de ceuxd’entre eux qui se chargeraient de former des magasins de blé, avec la con-dition de les revendre lorsque le blé serait monté à un prix fixé d’avance.Cette précaution serait facultative de la part des communes, et certes ceserait un des meilleurs emplois qu’elles pussent faire des deniers commu-naux. La commune n’aurait aucune avance à faire ; il lui suffirait de cons-tater le nombre d’hectolitres mis en réserve par un ou plusieurs particu-liers, de faire vérifier ce nombre chaque année en payant l'indemnité, eten cas de disette, d’obliger les entreposeurs à porter sur le marché uneportion de leur blé chaque semaine. Ces approvisionnements des villes etdes bourgs laisseraient les marchés des campagnes mieux garnis, et lesprix ne pourraient pas s’y élever autant. Si la ville de Paris eût dépenséde cette manière la moitié des sommes qu’on a sacrifiées pour subvenirtrès imparfaitement, dans les temps de disette, aux besoins de ses nom- Ibreux habitants, il est probable qu’ils auraient été beaucoup mieux salis-