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Tome II.
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QUE LES DISETTES SERONT PLUS RARES.

j considérablement et entreraient en beaucoup plus grande proportion dans| la nourriture du peuple. Si quekpie moraliste timoré se faisait scrupule de! multiplier les animaux dans le but de les détruire, en les faisant servir depâture à notre voracité, je lui ferais observer que le mal de la mort n’estpas dans la cessation de la vie (l’observation en a déjà été faite)', maisdans la douleur qui accompagne souvent ce changement d’état, et dansl’appréhension de la mort, qui est une souffrance aussi. Or, quant à l’ap-i préhension, les animaux n’en paraissent pas susceptibles, et l’on peut en-I core, mieux peut-être qu’on ne le fait, leur déguiser le sort qui les attend.

! De manière que si nous pouvions leur épargner tout sentiment de douleurI physique, nous ne leur ferions réellement aucun tort en les privant de la| vie. Il ne me semble pas impossible que, nos connaissances et le sentimentde nos devoirs envers les bêtes étant plus perfectionnés qu’ils ne sont,j nous parvenions à faire entrer les animaux au nombre de nos alimentssans avoir à nous reprocher leurs souffrances 4 .

Les progrès du commerce sont une autre raison de croire que les subs-tances alimentaires deviendront plus abondantes et plus variées. Nousproduirons plus d’objets manufacturés : ils conviennent à l’activité, au; génie des habitants de la zone tempérée; d’un autre côté , nous jouironsplus abondamment des productions de la zone torride. La terre est incom-j parablement plus féconde et moins habitée entre les tropiques, et mêmeau nord et au sud des tropiques, qu’elle ne l’est dans nos climats. Le nombredes végétaux y est plus considérable et la végétation plus vigoureuse. Lerapport unanime des voyageurs nous représente l’Afrique, au sud du Sé-négal , et l’Amérique méridionale presque entière, comme vierges pourl’agriculture, avec une immense capacité de produire. Quand nous sauronsenfin l’art de former des colonies, et que nous leur porterons des marchan-' dises au lieu de leur porter des vexations, il est probable que nous en

! tirerons de puissants secours en denrées alimentaires. Au Paraguay et

i ailleurs, on laisse dévorer aux animaux sauvages la chair des bœufs etdes vaches que l’on tue pour avoir leur peau. Avec plus d’industrie et decapitaux, dans ces mêmes contrées, on la transformerait en viande saléeet séchée ; et, avec une navigation plus prompte et plus économique, onpourrait en approvisionner à peu de frais les marchés de l’Europe.

' Tome I, page 2S3.

2 On sait qu’une fort petite quantité d’acide prussique arrête, sans douleur,le mouvement de la vie animale.