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Tome II.
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SlAiLiuE PARTIE. — CHAPITRE XI.

La promptitude dans la navigation, comme dans toutes les autres opé-rations industrielles, est une économie dans les frais de production ; lescapitaux avec lesquels se conduit l’opération sont moins longtemps em-ployés. La navigation, sous ce rapport, a beaucoup gagné depuis le com-mencement du siècle. On vient à présent d’Amérique en Europe en vingtjours, tandis quede même voyage en prenait autrefois trente-six à qua-rante ; on fait deux expéditions aux grandes Indes dans l’espace de tempsoù Ton n’en faisait qu’une 1 . Des communications plus faciles avec les di-verses parties de la terre auront, jusqu’à un certain point, l’effet d’unecommunication plus facile entre les différentes provinces d’un grand État.Chacune participera à la fécondité de toutes, et il en résultera une pro-duction moyenne plus uniforme.

Si quelques produits lointains ne peuvent point se naturaliser dans noslatitudes, comme la banane et le fruit de l’arbre à pain , on apprendrapeut-être à les conserver, en les desséchant ou autrement; ou bien on lesmultipliera dans certains climats plus à notre portée et qui pourront leurconvenir. Si les puissances de l’Europe entendaient leurs vrais intérêts, lesimmenses armées, la tactique, les trésors qu’elles emploient à se faire dumal mutuellement, seraient employés à introduire la civilisation euro-péenne dans l’Afrique septentrionale; elles pourraient toutes y former descolonies qui, bientôt devenues indépendantes comme toutes les coloniesdevraient l’être, fourniraient des denrées alimentaires précieuses et ou-vriraient un nouvel et vaste débouché aux marchandises de l’Europe.Mais non ; l’Europe, toute puissante qu’elle est, supporte la honte de payertribut à des forbans et souffre que ces forbans, lorsqu’ils sont de mau-vaise humeur, réduisent ses enfants en esclavage'! Les améliorations

' Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, la navigationà vapeur a fait de nouveaux progrès ; des navires à vapeur de la force effrayantede mille à treize cents chevaux traversent l’Océan en quatorze ou treize jours.La mer Méditerranée est sillonnée par cette navigation ; des bateaux à vapeurflottent sur la mer rouge; les voyageurs et la correspondance reprennent ainsil’ancienne route des Indes. Il faut quatre ou cinq mois pour venir du Bengaleen doublant le cap de Bonne-Espérance, et les lettres, en passant par l’Isthmede Suez, arrivent maintenant de Calcutta à Paris en moins de cinquante jours.

(Note de l'éditeur.)

* La voix de l’auteur a été entendue ; quelques mois s’étaient à peine écoulésdepuis la publication de son livre, que déjà les armes françaises avaient vengé