DE LA COLONISATION.
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possibles soin immenses, celles qui s’opèrent réellement sont lentes etbornées ; mais l’avenir est pour nous.
CHAPITRE XIII.
De la colonisation.
La tendance qu’ont toutes les populations à dépasser leurs moyens d’exis-tence, et les maux qu’elles éprouvent en étant perpétuellement ramenéesdans les limites que prescrit une dure nécessité, ont porté toutes lesnations populeuses à former de nouvelles colonies. Il semblerait que lesclasses indigentes, plus exposées que les autres aux maux qui naissent dela pénurie, et constamment moissonnées par elle, dussent être les seulesà chercher sur une terre moins encombrée une existence plus facile. Ce-pendant elles ne parlent pas les premières. Pour partir il faut quelquesavances, un capital qui suffise tout au moins pour les frais du voyage etpour subsister jusqu’au moment où les produits d’une nouvelle patrie pour-voiront à la subsistance des colons.
L’émigration commence donc parles familles où l’on éprouve des diffi-cultés pour établir des enfants trop nombreux, mais où l’on a pourtantassez de ressources pour leur assurer les moyens d’exfster pendant lespremiers temps d’une colonisation. On peut dire que c’est des classesmoyennes que sortent les fondateurs d’une colonie. C’est quand ils ont
la civilisation des longues insultes qu’elle avait reçues de la barbarie : Algerétait pris et la piraterie avait cessé sur les côtes d’Afrique. Mais la question d’unebonne colonisation sur ce point n’est pas encore résolue. 11 est difficile de con-quérir et de dominer d’aussi vastes régions, habitées ou parcourues par despeuples de races si diverses; il ne s’agit pas là de ces luttes faciles dans les-quelles de nouveaux colons avaient à vaincre les faibles Américains effrayés deces armes européennes qu’ils prenaient pour le tonnerre ; il faut en Afrique com-battre des hommes à demi civilisés et munis de toutes les armes de l’Europe.Peut-être aurait-il été sage pour les Français de se borner dans l’origine à occu-per militairement les ports de mer, à trafiquer avec les gens de l’intérieur, pourcoloniser successivement ensuite les seuls points où l’on aurait pu assurer unesécurité suffisante ; mais ce sujet ne saurait être traité même sommairement dansles bornes que comporte une simple note. {Noie de l'éditeur.)