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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE I«.

Nous ne pouvons consommer les richesses naturelles ; en respirant l’airatmosphérique, nous l’altérons, à la vérité, nous détruisons la propriétéqu’il a de soutenir la vie : mais nous ne consommons point de richesse,parce qu’il n’avait point de valeur ; parce qu’on pouvait en jouir sansl’acquérir au prix d’un sacrifice, sans le payer.

Il suit de là que l’importance d’une consommation doit se mesurer surla grandeur de la valeur détruite. Une consommation qui détruit pourcentfrancs de valeurs est double de celle qui n’en détruit que pour 50 francs.

Produire de la valeur était produire de la richesse. Consommer de lavaleur c’est détruire de la richesse. La production était un gain : la con-sommation est une perte.

Je ne dis pas, messieurs, que celte perte de richesse ne puisse êtreavantageusement balancée. On en est dédommagé, soit par la satisfactionqu’on en retire, soit par les profits qui en résultent souvent; toujours est-ilvrai que la valeur de la chose consommée est une richesse perdue, et laperle est proportionnée à la valeur consommée, quelle que soit la choseconsommée et quel qu’ait été le but que se proposait la consommation.Le combustible qu’on a brûlé pour distiller perd sa valeur aussi bienque celui qui sert à chauffer nos appartements. Une journée d’ouvrieremployée est perdue comme une journée de valet de chambre, quoiquele résultat en ait été fort différent. Mais, quant à la journée elle-même,elle ne peut plus être vendue, ni servir une seconde fois. C’est là une deces vérités fondamentales qu’il ne faut perdre de vue dans aucune question.

Tout ce qui est produit se consomme. En effet, on ne fait les frais deproduire une chose que parce qu’elle aura une valeur étant produite. Etpourquoi y mettrait-on du prix, si ce n’était pour jouir de l’utilité qui esten elle? pour la consommer? Si, par impéritie ou par erreur, un produc-teur crée une chose que personne ne demande et qui n’a aucune valeur,cette chose n’est pas un produit. La même sottise ne se renouvelle pas;c’est un cas d’exception qui ne saurait constituer un ordre de choses cons-tant et suivi.

Les produits dont le besoin cesse de se faire sentir avant qu’ils soientconsommés, se consomment encore, mais avec perte pour leurs auteurs.Le défaut de demande en fait baisser le prix jusqu’à ce que ce prix ne soitplus disproportionné avec leur utilité actuelle. On les achète alors ; et dumoment qu’on les achète, c’est pour les consommer. Une portion de leurvaleur a été perdue par impéritie ou par accident; l’autre portion a étéconsommée.