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Tome II.
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DES MOTS DÉPENSE ET CONSOMMATION.

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mer, de la tiansformcr, par un nouvel échange, en objets de consonnna-tion; c’est-à-dire d’acheter les choses qui doivent servir à satisfaire à tousleurs besoius. Ce nest guère que dans les entreprises agucoles que lesproducteurs consomment, sans avoir fait aucun échange, une partie deleurs produits, les vins, le blé, les fruits qu’ils ont cultivés. Dans presquetoutes les auires enliéprises, les producteurs ne consomment pas eux-mêmes ce qu’ils ont produit ; car il est très rare que leurs produits n’aientpas besoin de passer en quelque autre main pour recevoir le complémentdes qualités qui doivent les rendre propres à servir. Le commerçant endenrées d’oulre-mer ne consomme pas le sucre qu’il fait venir; il le vendau raffineur, et rachète du rafïineur le sucre de sa consommation. Je con-viens que le raffineur n’achète à personne le sucre qu’il emploie pour sonusage; mais vous conviendrez que celle valeur qu’il u’achôte pas est bienpetite comparée à la valeur de tout ce qu’il achète pour l’entretien de lui-même et de sa famille.

Presque toutes nos consommations, comme vous voyez, ont lieu à lasuite d’un achat, et ce sont ces achats qui font nos dépenses. Voilà pour-quoi le mol de dépense est devenu synonyme de consommation.

Cependant, dépenser n’est pas consommer : c’est seulement acquérir ceque nous voulons consommer; mais, comme les objets acquis dans ce butsont dévoués à une consommation inévitable, on s’est habitué à regarderle mot dépense comme synonyme du mot consommation stérile. Toujoursest-il vrai que l’achat que l’on fait d’un produit n’en est pas la consomma-tion ; de même que la vente que Ton fait d’un produit qu’on a créé n’euconstitue pas la production. Un coutelier a achevé de produire ses cou-teaux du moment qu’ils ont été terminés. La vente qu’il en a faite n’arien ajouté à leur valeur; c’est un échange et non une production. L’achatqu’il fait ensuite des produits dont il veut se servir n’altère pas davantagel’utilité ni la valeur qui sont dans ces produits ; ce n’est, de même, qu’unéchange qui met la valeur que nous voulons consommer sous la formequi convient à nos besoins.

C’est la nécessité où nous sommes, dans la plupart des cas, de trans-former nos produits en argent pour les transformer ensuite en objets de| consommation, qui a causé Tillusion des sectateurs de la balance du com-merce. Ils ontpiis le moyen pour la fin, l’argent qu’ils ne îeçoivent qu’afin: de le dépenser pour le produit qu’ils se proposent de consommer : commet feraient des gens qui, voyant qu’il faut absolument passer par la portepour entrer dans la maison, ne s’inquiéteraient nullement du besoin de