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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV.
maison que ressentent les hommes, et vous diraient : Jyez des portes, vousaurez toujours assez de maisons. Si la pratique ne corrigeait pas sans cesseles erreurs de celle théorie, qu’arriverait-il? Qu’on aurait plus d’entréesque d’habitations, et que ces entrées superflues perdraient toute valeur.
Cette explication, relativement à la différence des mots dépense et con-sommation , nous était nécessaire pour être sûrs que nous ne nous for-mons que des idées conformes aux faits, et que les expressions ne nousfont point illusion sur les choses. Maintenant, prévenus comme nous lesommes, nous pouvons sans inconvénient employer ces mots l’un pourl’autre, comme le fait le vulgaire.
Les consommations, ou, si vous voulez, les dépenses qui ont pour objetde satisfaire aux besoins du public, sont précisément de même nature quecelles des particuliers. La nature des richesses, les lois qui président àleur formation et à leur consommation, ne diffèrent pas en vertu de l’u-sage qu’on en fait : semblables en cela aux lois de l’hydrostatique qui nechangent pas, soit qu’on les applique à construire des machines pour lesindividus ou pour l'État. C’est un des derniers progrès de l’économie poli-tique d’avoir mis cette vérité hors de doute.
Les règles qui vont suivre sont donc applicables, soit aux dépenses pri-vées, soit aux dépenses publiques. Après les avoir exposées, je montrerail’application que l’on peut en faire, d’abord aux unes, ensuite aux autres.
CHAPITRE IV.
De l’influence de la consommation sur la production.
Toutes les anciennes écoles de l’économie politique sont d’accord en cepoint, que la production dépend de la consommation, qu’elle est propor-tionnée à la consommation, et qu’en favorisant la consommation , on fa-vorise la production. Les anciens partisans du système exclusif, les éco-nomistes du dix-huitième siècle, et même certains admirateurs d’AdamSmith, se réunissent à cette opinion, que plus on consomme et plus onproduit. Suivant eux, la difficulté n’est pas de trouver des producteurs,mais bien de trouver des consommateurs.
Il semblerait dès lors que l’on dût s’occuper des moyens de créer desconsommateurs; mais, non : on cherche à persuader aux riches de mul-tiplier leurs dépenses, et l’on ne veut point qu’ils acquièrent des richesses