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Tome II.
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DE L’INFLUENCE DE LA CONSOMMATION.

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Il est bien nécessaire de fixer les idées du public sur ce point ; car sonopinion exerce une grande influence sur les consommations que font lesparticvdiers et les gouvernements. Le mal qui se fait, lorsqu’il est évidentpar lui-même, comme le vol, ne peut pas avoir des suites bien graves :tout le monde s’empresse d’y mettre obstacle. Le mal que l’on croit êtreun bien s’enracine et prospère. Malthns regarde comme un bien qu’il yait des rentiers désœuvrés ; il en résulte que les gouvernements font uneœuvre méritoire en augmentant la dette publique, c’est-à-dire en grevantd’impôts les contribuables. Le même auteur approuve qu’il y ail dans lasociété un certain nombre de consommateurs oisifs qui veuillent bien secharger de la douce fonction de jouir sans rien faire * 1 2 ; ces principes con-duisent, sans doute contre l’intention de l’auteur, à l’apologie de tous lesabus, depuis les moines jusqu’aux courtisans.

Il n’est pas exact de dire que l’on puisse, d’une manière constante, créerplus de produits qu’on n’en peut consommer. Produire, c’est mettre dansun objet une utilité telle, que la société, pour l’acquérir, consente à rem-bourser tous ses frais de production’. Un soi-disant producteur qui feraitdes avances égales à cent francs, pour créer une utilité que personne nevoudrait payer au-delà de quatre-vingts francs n’aurait rien produit : ilaurait dissipé une valeur de vingt francs dont son capital se trouveraitdiminué. Cette perte serait pour lui un avertissement d’interrompre uneproduction négative. Elle serait un malheur utile, en ce qu’elle ferait cesserdes opérations préjudiciables pour la société; comme une brûlure au doigtest une douleur salutaire, en ce qu’elle nous oblige à retirer notre doigtdu contact de la flamme qui en amènerait la destruction. Or, s’il n’y a devrai produit que celui qui vaut autant que ses frais de production 3 , de

« chacun serait meilleure? Bien au contraire; chaque ouvrier aurait à vendre« comme dix, et à acheter seulement comme un ; chaque ouvrier vendrait d’au-« tant plus mal, et se trouverait d’autant moins en état d’acheter ; et la transfor-« mation de la nation en un grand atelier d’ouvriers constamment occupés, loin« de causer la richesse, causerait la misère universelle. « (Nouveaux principesde M. de Sismondi, liv. Il, chap. 3. page 79.)

1 Principles of polilical Economy, chap. VII, sect. 9.

2 On sait que la valeur donnée à un produit pardesmoyensforcésn’estpasuneproduction, mais un déplacement de valeur. Les valeurs ainsi données ne peu-vent, par conséquent, encourager une production sans en décourager une autre.

3 On ne doit jamais perdre de vue qu’en économie politique le profit de l’en-

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