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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV.
que la valeur de ce livre produite par les soins du libraire. Il favorise lareproduction en proportion de la valeur qu’il a produite. C’est Là que seborne son influence. Comme producteur, on peut augmenter la sommedes choses produites : comme consommateur, on ne le peut pas '.
On voit que la consommation stérile est indispensable ou très favorableà notre bien-être, quand elle est judicieuse, bien entendue, et qu’elle neporte pas atteinte au fonds de notre fortune ; mais qu’il n’en résulte aucunavantage pour le corps social, vu en masse, et qu’elle ne peut favoriserune classe de producteurs, si ce n’est à l’exclusion d’une autre classe.
Lorsqu’en 1789 on supprima les galons de livrée que portaient les la-quais (faste sans goût, mais non sans ridicule), personne ne prit la dé-fense de celle consommation sous le rapport de la jouissance qui en ré-sultait. La livrée ne procurait aucun agrément aux laquais qui la portaient;presque tous en étaient honteux. On 11 e peut pas, sans faire injure à leursmaîtres, supposer qu’ils y prenaient uu grand plaisir. Mais tout le monde,ou presque tout le monde, convenait que celle suppression était fâcheuseen ce qu’elle détruisait une branche d’industrie. O 11 prétendait donc quela consommation des galons était heureuse, non parce qu’elle satisfaisaitun besoin, mais parce qu’elle fournissait de l’ouvrage aux passementiers,comme si les sommes que l’on ne pouvait plus employer en galons de li-vrées ne devaient pas nécessairement se tourner vers une autre consom-mation et favoriser quelque autre classe de producteurs.
Des publicistes recommandables, dont on ne peut soupçonner les in-tentions et qui paraissent avoir réfléchi sur cette matière, ont pensé que,puisque certains hommes ont en leur pouvoir de produire plus de valeursqu’ils 11 ’en peuvent consommer, il est bon que d’autres en consommentplus qu’il n’en produisent; et que, dans certains cas, l’épargne que lesriches font de leurs revenus, par la raison qu’elle met en jeu un pins grandnombre de producteurs, peut faire que ceux-ci se nuisent les uns auxautres, en créant plus de produits que la société prise en masse n’en sau-rait consommer * * 5 .
' Si le consommateur n’influe en rien sur la quotité des valeurs produites, il
peut influer sur la nature des choses produites. Voyez le chapitre suivant.
5 « Si la nation entière travaillait comme font les seuls manouvriers; si, par« conséquent, elle produisait dix fois plus de nourriture, de logement, de vête-« ments que chacun d’eux n’en peut consommer, se figure-t-on que la part de