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Tome II.
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DE L’INFLUENCE DE LA CONSOMMATION.

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rier d’alors que deux siècles plus lard on y fabriquerait pour des millionsde chacun de ces articles, il aurait répondu : Eh ! au nom de Dieu , quiles achètera P

Il n’aurait pu croire que plus tard cinquante mille métiers seraient per-pétuellement occupés à faire des tissus de soie, ni surtout que la majeurepartie de la matière première serait recueillie dans le pays. Il aurait re-gardé d’un air ébahi l’homme qui lui aurait prédit qu’il partirait chaquematin de Paris pour quinze à vingt mille francs de feuilles imprimées,chargées de porter aux citoyens de toute la France les nouvelles de lapolitique ou des arts; que plusieurs centaines de voilures publiques sorti-raient et entreraient dans cette capitale tous les jours de l’année, et qu’iln’y aurait pas, dans ses environs, de petit marchand , ni même de villa-geois, qui voyageât autrement qu’en carrosse. Tels sont pourtant les faitsque nous avons sous les yeux. Pourquoi? parce que la nation françaiseest dans une autre situation que du temps d’Henri IV; et qu’est-ce quicaractérise cette différence de situation ? C’est que de nos jours cette na-tion produit et consomme plus qu’elle ne faisait alors.

Quelles exclamations n’eût pas faites un négociant de ce temps-là, si onlui eût dit que le commerce procurerait des denrées de bouche absolu-ment inconnues de lui, même de nom, des denrées dont on consomme-rait , dans ce même pays, pour 50 à 60 millions chaque année, comme lecafé, le thé, le cacao ; que Ton absorberait pour cent millions de sucre ;pour 64 millons de tabacs, d’une herbe que Ton ferait entrer en poudredans le nez, ou en fumée dans la bouche? Quel fermier aurait supposé queTon verrait, deux siècles plus tard, des champs immenses de pommes deterre, d’une racine farineuse, inconnue à ses contemporains comme à sesancêtres, et dont se nourrirait bientôt une grande partie des habitants del’Europe? que d’autres champs de plantes oléagineuses répandraient dansnos appartements une lumière qui remplacerait celle du jour? Nos pro-duits annuels ont peut-être quadruplé en valeur depuis deux cents ans ;et à chaque époque de ces deux cents années, on a toujours pu croire quela France était approvisionnée de tout, et qu’il était impossible d’aug-menter sa production sans qu’il y eût surabondance et impossibilité devendre.

Combien ne vend-on pas de produits immatériels de plus qu’on nefaisait ! Un théâtre n’est-il pas une véritable manufacture oû Ton débiteau public assemblé un produit qu’il consomme à l’instant même qu’on lelui présente? Sous François I er , temps où Ton n’avait pour spectacles que