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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV.

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quelques mystères exécutés sur des tréteaux, pouvait-on se figurer qu’àParis, trois siècles plus tard, douze à quinze mille personnes jouiraienttous les soirs du plaisir du spectacle ; que les théâtres mettraient en jeu jvingt arts différents, et que des produits matériels nouveaux trouveraient ;leurs débouchés dans des productions immatérielles nouvelles également? !Dans tous les cas où le vendeur ne donne à l'acheteur, en échange de son jargent, qu’un plaisir, une satisfaction, et non une denrée matérielle, c’est iun produit immatériel qu’il lui vend, et le prix qu’il en obtient n’est pas jmoins substantiel et ne lui fournil pas moins que des produits matériels jles moyens de se rendre acquéreur d’un nouveau produit qui, sans cela, !n’aurait pas pu se vendre. j

Si nous jugeons de l’avenir par le passé, combien n’est-il pas de besoinsnouveaux et de productions nouvelles qu’il nous est impossible de prévoir !

4e suis même tenté de croire que la multiplication des produits aura lieuavec un progrès accéléré, eu raison du grand mouvement qui s’est opéré jdans les arts et dans les sciences de notre temps, mouvement dont nous 1ne faisons encore que commencer à apercevoir les résultats. j

Vous voyez, messieurs, que les gains que procurent les produits imma-tériels offrent un immense encouragement aux productions de tout genre.Leur consommation n’a point de bornes ; car le besoin qu’on a de leurspioduils s’étend à mesure qu’une nation devient plus civilisée. C’est un 'encouiagement bien plus important que celui que présente la consom- •malion de quelques riches qui ne produisent rien et qui ne servent qu’à ,consommer à la place des producteurs auxquels ils ont été substitués.Smith nomme les uns comme les autres des consommateurs improductifs;mais entre eux se trouve une fort grande différence. Le producteur im-matériel a rendu un service, a donné une valeur à la société en échange 'de ses profils. Mais ceux qui fondent leurs consommations sur des abusne donnent rien au peuple en dédommagement de ce qu’ils en reçoivent.

■— Ils donnent, dira-t-on, de l’argent pour prix de ce qu’ils consomment.

— Ce n’est pas là la question. Je ne demaude pas cjuel dédommagementils donnent au marchand pour la marchandise qu’ils lui achètent. Je de-mande quel dédommagement ils donnent au contribuable pour la pensionqu’ils reçoivent. Ils n’occasionnent même pas un surcroît de demande, deconsommation ; car s’ils ne dépensaient pas le montant de leurs pensions,les contribuables le dépenseraient à leur place.

On ne saurait donc approuver Mallhus lorsqu’il représente les consom-mateurs improductifs comme utiles par leur consommation.