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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE Y.
soin ; en a-t-il moins cinquante mille francs à dépenser dans son année?N’aclièlera-t-il pas des produits pour tout le montant de cette somme, etles producteurs n’éprouveront-ils pas un encouragement précisément égal?Si le menuisier vend de moins une table de dix francs, un autre produc-teur ne vendra-t-il pas pour dix francs de plus?
L’encouragement sera le même encore’lsi, au lieu de dépenser stérile-ment cet argent, le riche l’ajoute à ses capitaux. Un capital n’est-il pasen totalité consacré à l’achat de produits ou de travaux? Comment Mal-thus a-t-il pu dire : « Si, parmi les propriétaires et les capitalistes, l’envie« d’acheter venait à diminuer, la valeur des produits baisserait relative-« ment à la valeur du travail ; et les profils tombant à rien, la produe-« lion serait arrêtée ' ? » Une peut faire un riche de ses épargnes, si cen’est de les enfouir ou de les ajouter à ses capitaux? S’il les enfouit, laconsommation n’en est que différée ; s’il les ajoute à scs capitaux, elleexcite uue demande de produits ou de travaux aussi grande que sil’épargne avait été dépensée stérilement. Est-ce donc là ce qui peutcauser la baisse de la valeur du travail?
Loin de là, c’est ce qui augmente sa valeur; car des capitaux accrusréclament de nouveaux travailleurs et les occupent constamment, tandisqu’une somme stérilement dépensée ne les occupe qu’une fois.
On a reproché à ces principes de repousser les peuples dans la bar-barie en proscrivant les dépenses de luxe*. Je n’ai jamais blâmé que lesdépenses dont il ne résulte pas une satisfaction proportionnée à cequ’elles coûtent. Je trouve fort bon qu’on se procure toutes les jouissancesque comporte la fortune qu’on possède ; mais , en même temps, il fautque l’on convienne que ces jouissances n’augmentent ni le bien du parti-culier ni la richesse du pays.
1 Principles of political Economy, ch. VII, sert. 4.
4 « Si l’on suivait strictement le conseil de M. Say, tous les arts, les manulac-« tures de luxe, en bronzes, glaces, belles verreries, horlogerie, meubles, soie-« ries, argenterie, dentelles, tissus fins en laine, coton ou lin, modes, objets« de fantaisie, etc. ; les terres qui produisent des vins fins, les mûriers et les« oliviers, tout ce qui travaille le sucre, le cacao, la cochenille, les vers à soie,« le café, les épices, seraient complètement inutiles et perdus! » (Du Systèmed'impôt, par M. le vicomte de Saint-Chamans, p. 104.)