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Tome II.
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DE L’INFLUENCE DE LA CONSOMMATION'

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Si l’industrie du pauvre et l’active production qui en résulte sont unpuissant encouragement pour la production en général, on ne voit paspourquoi l’industrie du riche et les productions dont il est l’auteur neproduiraient pas le même effet. Les valeurs que le riche fait naître sontde même nature que celles que fait naître le pauvre, comme les écus decelui-ci sont de même nature que les écus de celui-là.

Il est donc impossible de partager les craintes que manifeste M. de Sis-rnondi, lorsqu’il dit : « Si tout à coup la classe riche prenait la résolution« de vivre de son travail comme la plus pauvre, et d’ajouter tout son re-

« venu à' son capital, les ouvrieis. seraient réduits au dése-poir et

« mourraient de faim ’. »

En premier lieu, on ne peut admettre la supposition qu’un riche puisseajouter il son capital tout son revenu ; car il faut bien qu’il vive et qu’ilfasse une dépense proportionnée à sa fortune; or, cette dépense est im-productive. En second lieu, le travail du riche ne fait point concurrenceà celui du pauvre; au contraire. Lorsqu’un millionnaire établit une ma-nufacture d’étoffe commune et joint aux produits de son capital les pro-fits de son industrie d’entrepreneur, il se porte demandeur du travail dupauvre; le pauvre (devenu travailleur), du produit de son travail achètela bure fabriquée dans la manufacture, et par là devient consommateurdu travail du riche ; car en achetant de la bure, il a payé une portion desprofits de l’entrepreneur. Il est mieux habillé, et le riche devient lui-même un consommateur plus important pour d’autres producteurs; car,avant de former sa manufacture, il avait peut-être cinquante mille francsà dépenser par an, et maintenant, qu’il y joint ses profits de manufactu-rier, il dispose d’un revenu qui peut aller à soixante et dix mille.

M. de Sismondi n’est frappé que de l’idée que le riche industrieux vaproduire la chose même qu’il pourrait acheter de l’ouvrier, une table, parexemple, au lieu de Tacheter au menuisier ; mais ce n’est pas en généralainsi que les riches exercent leur industrie. L’instruction qu’ils ont ac-quise dès leur enfance et les capitaux dont ils disposent leur permettentd’exercer une industrie qui rapporte plus de trois ou quatre francs parjour, et c’est ce genre de travail (lequel ne fait point concurrence à celuidu pauvre) qu’ils échangent contre les produits du travail du pauvre.

Mais je vais plus loin, et j’admets la supposition qu’un homme actif quia cinquante mille francs de revenu fasse lui-même une table dont il a be-

Nouvtaux principes, etc., liv. II, th. 3, p. 82.